forum sur Frontignan et ses environs

forum de discussion
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 MOHAMMED RACIM

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
SantoniA

avatar

Nombre de messages : 842
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: MOHAMMED RACIM   Sam 9 Jan - 11:11

Very Happy


Citation :
Albaroc Mer 30 Déc - 23:37
Va-t-elle enchainer avec BELMONDO (le père de Bébel) ou Mohammed RACIM des beaux-arts d’Alger que j’ai rencontré avec Paul LAMALLE ?…Autant de soi-disant militants « anticolonialistes » posthumes qui étaient de grands artistes français qui se sont exprimés dans l’Algérie française.»



Mohamed Racim (Miniaturiste) natif de la Casbah d' Alger est né en 1896, dans une famille d'artistes qui lui a légué une tradition d'art et le nom "Er Racim" qui, en arabe, signifie peintre, Mohamed Racim est l'un des artistes algériens majeurs du XXe siècle. Influencé par la miniature persane et les décors de livres de l'Espagne musulmane, il va créer de toutes pièces la néo-miniature algérienne et connaitre une carrière brillante, illustrant notamment Nasr Eddine Etienne Dinet et composant des scènes tirées de l'histoire de l'Algérie, des fêtes traditionnelles, de la vie quotidienne, tout cela dans le cadre familier de la Casbah et tracera la voie à tous les jeunes qui aujourd'hui forment une nouvelle et dynamique Ecole de Miniaturistes.

Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie(en1962), Mohamed Racim continue à œuvrer pour l’épanouissement de la miniature, à encourager ses disciples et à dispenser de précieux conseils. Il est, dès lors, conseiller du ministre de la culture dans ce domaine.

Il consacra toute son existence à cet art qui le rendit célèbre.
Minutie, patience, poésie, sens du décor, sûreté de la main, choix des nuances, sont autant de facteurs qui président aux créations de Racim.
Décrochant haut la main le grand prix artistique d’Algérie en 1933 ainsi que la médaille des Orientalistes, cet artiste a vu ses œuvres exposées aux quatre coins du monde et certaines d’entre elles faire l’objet d’acquisition de la part de plusieurs grands musées.

- 1914, rencontre avec le peintre Orientaliste Nasredine DINET, qui lui confie l’ornementation de son livre « La vie de Mahomet »,
- 1924, la Société des Peintres Orientalistes Français lui décerne la médaille d’or,
- 1934, il est nommé Professeur à l’Ecole des Beaux – Arts d’Alger, où il enseigne l’Art de la Miniature Algérienne,
- 1937, ses œuvres sont exposées au Pavillon de l’Algérie à l’Exposition internationale,

Il décède, ainsi que son épouse suédoise à El-Biar, en 1975, dans des circonstances tragiques et jamais élucidées.





Voici quelques merveilles de miniatures


Lettre de l' Émir Abdelkader alors domicilié en Syrie au comte Bismarck qui lui avait demandé son aide contre la France en Août 1870 :
"Louange à Dieu !
Excellence,
Celui à qui vous avez adressé l'offre de marcher contre la très glorieuse et très généreuse France et de vous prêter le concours de sa loyale épée devrait, par mépris et dédain s'abstenir de vous répondre.
Que nos chevaux arabes perdent tous leurs crinières avant qu'Abd el Kader ben Mahi ed-Din accepte de manquer à la reconnaissance qu'il a pour le très puisssant empereur Napoléon III (que Dieu le protège !).
Que votre arrogante et injuste nation soit ensevelie dans la poussière et que les armes de l' Armée française soient rougies du sang des Prussiens ( que leur orgueil soit puni !)
Tel est le voeu du serviteur de Dieu"
signé : Abd-el-Kader ben Mahi ed-Din





"Quel agréable et délicieux palais élevé par le pacha d'Alger Moustafa !
C'est l'asile de la félicité, de la gloire, de la puissance, de l'intelligence,
de la splendeur, réunis au calme et à la placidité."




"J'ai remarqué quatre jeunes femmes
La première à l'éclat de la lune, la deuxième celui du cristal,
La troisième, o mon frère, a enflammé mon coeur,
Et la quatrième, o mon frère, est une brulure sans feu..."





lendemain de mariage
"J'ai juré de ne point t'oublier, o nuit d'hier !
puissé-je te revivre encore une fois !
Jamais je ne t'oublierai et ton souvenir demeure gravé
Dans mon esprit et ma pensée.
Toute la soirée, mon coeur était réjoui
Dans l'agréable compagnie des êtres bien-aimés,
Parmi les roses, sous les tresses pendantes de la treille...
Sur le sofa une beauté troublante,
Parée de riches soieries..."





"Celui qui mesure ta taille, o jeune fille ! et la compare
A la délicatesse du jeune rameau, ne dit point toute
La vérité et juge avec erreur
Car la taille n'a point d'égale, ni ton corps de frère !
Car le rameau n'est joli que sur l'arbre et tout nu ;
Mais toi de toute façons, tu es belle et les habits qui
Te cachent ne sont qu'un délice de plus".



C'est magnifique I love you






De Delacroix en 1832 à Etienne Dinet en passant par Fromentin, Vernet, Gérôme, Chassériau, Girodet, une foule de peintres traversent la Méditerranée en quête de couleur locale et de dépaysement. La prise d'Alger provoque l'emprise, dans la peinture française, d'une peinture du mouvement, de la chair vibrante et de la lumière.


S'annoncent en même temps les premiers peintres algériens dont Mohamed Racim (1896-1975) et son frère Omar (1883-1958) sont les chefs de file. Formé d'abord à la miniature, genre peu subversif, où il excelle à montrer des scènes d'un passé idéalisé, Mohamed Racim s'arrache au rôle dans lequel l'administration coloniale le confine au moment où sont crées les ateliers d'arts indigènes. Il s'éloigne de l'antique tradition perse et byzantine de la miniature en "algérianisant" ses sujets et rompt avec la pratique de l'anonymat en signant désormais ses oeuvres.

En l'absence d'un public averti, explicable par l'environnement colonial, sa démarche rencontre peu de succès. Racim se tourne alors vers la peinture avec d'autres artistes parmi lesquels on peut citer Azouaou Mammeri (1892-1964), Miloud Boukerche (né à Sidi-Bel-Abbès ? décédé en 1979 ?), Abdelhalim Hemche (1908-1979), Mohamed Temmam (1915-1988) et Ali Ali-Khodja (né en 1923).


Les miniaturistes, si peu enclins à déroger aux règles strictes de leur art, introduisent dans leurs oeuvres des scènes de la vie paysanne en exaltant le travail de la terre. Ils érigent en modèle suprême un style de vie censé être celui du monde rural.


Un romantisme social proche de la pensée d'un Victor Hugo, qui affirmait que l'une des missions de l'artiste - mage ou prophète - était de guider le peuple vers la connaissance du beau, parcourt une frange importante de la production picturale en cette fin des années 70.


Dés la fin des années 80 une sorte de gel des idées paralyse tous les secteurs de l'art. Des autodafés, ici et là, brûlent, comme au temps de l'inquisition, les oeuvres jugées blasphématoires.


Après l'assassinat d'Ahmed Asselah, directeur de l'E.N.B.A., et de son fils, étudiant dans cette école, après la fermeture de certaines galeries, des centres culturels, des maisons de la culture, après l'avènement de la terreur, l'exil des peintres, des écrivains, des enseignants et des journalistes commence.......





Alors, racontez-moi Mohamed RACIM.


Pauline



Citation :
Mon cher et estimé Albaroc,
Je te demande instamment de faire savoir à cette personne brune et néanmoins charmante
Wink Les brunes ne comptent pas pour des prunes
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
DJENNADI



Nombre de messages : 28
Date d'inscription : 11/11/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Dim 10 Jan - 15:59

flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower

MERCI ! MAGNIFIQUE EN EFFET!

MAIS QUI PEUT PARLER MIEUX QUE SANTONIA DE MOHAMMED RACIM ??

UN IMMENSE ARTISTE QUE L'ON NE CONNAISSAIT PAS ICI...



flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower flower
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SantoniA

avatar

Nombre de messages : 842
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Lun 11 Jan - 2:23

Very Happy

Monsieur ALBAROC peut en parler mieux que moi, aussi j'attends qu'il nous raconte la rencontre de Monsieur CARRIER ROCA avec cet homme qui fut le plus grand miniaturiste du XXè siècle.


Pauline
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Albaroc



Nombre de messages : 339
Date d'inscription : 24/07/2008

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Mar 2 Fév - 15:39

sunny

J’avais raconté plus haut que notre incomparable super plasticien régional, national et international Carrier Roca avait eu l’insigne honneur de rencontrer l’immense miniaturiste Mohamed RACIM, le meilleur que la France et le Maghreb réunis n’aient jamais hébergé.
Pauline, la fleur irremplaçable des forums du Bassin de Thau et de Frontignan réunis, et même au delà, avait souhaité en savoir plus sur cette rencontre…
Je vous livre, chère Pauline, le récit de cet évènement historique…par la bouche même d’Albert Carrier Roca.

« ….j’ai rencontré ce monsieur involontairement, entre 1965 et 1966…Après 40 ans ça se mélange plus ou moins dans les brumes du souvenir.
En ce temps là, j’étais attaché à la Mission Culturelle Française à Oran (jusqu’en 1969), et pour faciliter mes pratiques et recherches en arts plastiques, je m’étais lié d’amitié avec le Directeur des Beaux Arts d’Oran, également prof de sculpture, Paul Lamalle, et son épouse Josette, prof de mosaïque et poterie et avec d’autres de la même école.
Un jour, ce couple fort sympa devant se rendre le lendemain à l’Ecole des Beaux Arts d’Alger à 420km pour mettre au point des modalités d’examens, des échanges d’enseignants et autres formalités, découvrit que sa voiture refusait de démarrer …Pour rendre service et « pour faire du tourisme », je me suis proposé de les conduire à cette réunion avec ma « Dauphine » rouge…

La réunion en question commençait lorsqu’un monsieur grisonnant et assez chauve, portant des lunettes d ‘écaille et un costume-cravate fit son entrée, à petits pas, comme un ministre, suivi d’un moustachu plus jeune qui devait être son chauffeur, ou son valet…L'homme à lunettes, c’était Mohamed Racim.

Mohamed Racim était réputé bien avant l’Indépendance en tant que miniaturiste génial.
Je connaissais une partie de ses travaux grâce à des reproductions, et notamment une série reprenant des peintures ou dessins de Dinet. L’idée de le rencontrer ne m’effleurait pas en ce temps là, d’autant plus qu’il aurait pu être mon grand-père. J’avais entendu dire qu’il n’enseignait plus depuis longtemps et, pour être franc, je ne m’inquiétais pas trop de savoir où il pouvait être…Eh bien il était devant moi, en chair et en os ce jour là…


Après un court silence les bavardages reprirent doucement pendant qu’il serrait trente ou quarante mains d‘éminents professeurs en manches de chemises…Il s’installa ensuite à la grande table des animateurs. Le Directeur des BA d’Alger avait souligné que Mohamed n’était pas là en tant que prof ou en tant qu’artiste, mais en tant que délégué du Gouvernement Algérien et invité !…Surprise !...
Ce que j’ai retenu, c’est que le personnage était chaleureux et doux et il me faisait penser au stéréotype de petit bourgeois PDG de l’époque.
Le soir, la majeure partie du groupe s’est retrouvée attablée en rond à une terrasse de café pour boire le thé de l’amitié et j’ai pu échanger quelques mots avec le maitre sur l’importance de l’anatomie et de la perspective dans sa conception de la miniature…si mes souvenirs sont bons…
Puis nous sommes repartis vers Oran en roulant de nuit.
A l’arrivée le lendemain, au lever du jour, Les Lamalle, pour me remercier m’ont offert un petit déjeuner et une gouache de Mohamed Racim qu’ils avaient en réserve… »

sunny sunny sunny
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SantoniA

avatar

Nombre de messages : 842
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Jeu 4 Fév - 2:51

Merci Monsieur Albaroc mais cela me complique la vie Laughing car je me pose mille questions Idea

sunny
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Albaroc



Nombre de messages : 339
Date d'inscription : 24/07/2008

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Jeu 4 Fév - 9:52

.

Bonjour Pauline

Mille questions ?...

Ca peut demander un certain temps!

Commençons par la première...

sans se compliquer la vie...



Rolling Eyes Rolling Eyes Rolling Eyes
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Albaroc



Nombre de messages : 339
Date d'inscription : 24/07/2008

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Sam 27 Fév - 11:51

I love you

Pour Pauline...




Photographie de l'oeuvre intitulée :"Les Amoureux" de Mohamed Racim.
(Signée en bas, à gauche)

Gouache sur papier figurant dans la collection Carrier Roca.


I love you
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SantoniA

avatar

Nombre de messages : 842
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Dim 28 Fév - 11:13

Monsieur Albaroc, vous êtes formidable, jamais je n'aurais osé demandé à Monsieur CARRIER ROCA de nous montrer cette magnifique peinture, et vous comblez mon regard par cette photographie de l'oeuvre intitulée "Les Amoureux"

C'est un merveilleux présent que Racim lui a fait.

http://www.youtube.com/watch?v=6XOAs1RV9Y4




L'amour est comme la blanche colombe que l'on tient dans ses mains.
Si on la tient trop fort , on l'a tue.
Mais si on ne la tient pas assez ,elle s'envole.


Je vous présenterais un autre artiste que vous connaissez sûrement mais que nos amis ne connaissent peut-être pas. Il a peint des couples amoureux et c'est un formidable peintre.

Pauline sunny
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Albaroc



Nombre de messages : 339
Date d'inscription : 24/07/2008

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Mar 9 Mar - 14:53

I love you

Tout à fait exact Pauline!...Comme par un coup de baguette magique, la passion amoureuse régénère, exalte change notre sensibilité à l'égard des êtres et des choses. L'existence terne retrouve ses riches couleurs, son relief, ses énigmes...
L'amoureux(se) vit une nouvelle naissance...

I love you
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SantoniA

avatar

Nombre de messages : 842
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Mer 7 Avr - 7:27

I love you

Citation :
Je vous présenterais un autre artiste que vous connaissez sûrement mais que nos amis ne connaissent peut-être pas. Il a peint des couples amoureux et c'est un formidable peintre.







Dans la famille STYKA, j'ai choisi Adam.



J'ai choisi de vous parler d' Adam STYKA (1890-1959)

Fils de Jan Styka et frère de Tadé, Adam est issu d'une famille de grands artistes. Après la première guerre mondiale, à laquelle il participa dans la Légion étrangère, il voyagea en Afrique du Nord et notamment au Maroc. Il exposa à Paris au Salon des Beaux-Arts et au Salon des Orientalistes. La galerie Georges Petit lui consacra une exposition en 1906.

Son style se traduit par des volumes solidement structurés par la lumière et des tons sobres mais très contrastés.


Adam ...

Elève de Jan Styka, peintre de "batailles" Polonais naturalisé Français, il s'installe à Paris à 18 ans et étudie dans l'atelier de Fernand Cormon aux Beaux-Arts de 1908 à 1912. Il voyage en Afrique du Nord, en Palestine. Il effectue parfois des séjours dans le sud Algérien pour partager le quotidien des nomades.





Il expose au Salon des Orientalistes dès 1914. Il se consacrera ensuite presque exclusivement à la peinture orientaliste. Sa peinture réaliste et son approche authentique de l'Orient en fait une figure importante de l'orientalisme. Après la première guerre, il est naturalisé français et reçoit une bourse annuelle pour visiter les colonies françaises.

Adam Styka offre, au fil des premières décennies du vingtième siècle, une peinture libérée des afféteries et des conventions de ses prédécesseurs, osant les couleurs les plus justes et faisant exploser une vision dépouillée et réaliste de l’Afrique du Nord.

Il excelle dans la représentation de scènes de la vie courante et parfois intimiste en Afrique du Nord au début du XXème siècle.

Il va peindre des amoureux du sud saharien, vous savez Monsieur Albaroc ceux dont je vous avais parlés.






















L'hotel de ville de Skida possédait de magnifiques toiles dont la toile d’Adam Styka "Idylle Marocaine"



qui a été achetée auprès de l'artiste lui-même le 20 septembre 1932 au prix de 6 000 FF. Les tableaux de peinture dont dispose l’hôtel de ville, sont des œuvres de peintres de renommée mondiale. On y trouve des toiles de Jean-François Raffaelli, Maurice Utrillo, Adam Styka, pour ne citer que ces grands maîtres très côtés aujourd’hui dans le monde des Arts.

http://www.dailymotion.com/video/x8h92t_les-tableaux-de-lhotel-de-ville-de_creation


Plus d'une trentaine de tableaux ont été achetés par la municipalité de Philippeville, en majorité durant les vingt années des mandats de Paul Cuttoli (1864-1949), grâce surtout à sa femme Marie (1875-1973), grande collectionneuse très connue dans le milieu des grands artistes. Ainsi la toile de Constantin Font "La femme nue" a été achetée le 1er décembre 1932. L'acquisition de deux autres tableaux du même artiste "La place de Marqué" et "Le minaret" -1946. De cet artiste l'hôtel de ville conserve également une peinture murale représentant un paysage d'Algérie. Parmi les tableaux de Maurice Utrillo trois gouaches ont été achetées le 12 juin 1933. Une autre toile de l'artiste, "La place de Tertre sous la neige" a été acquise en 1933. La même année sont achetés deux autres tableaux d'Utrillo.

Au peintre J. Ortéga, Paul Cuttoli a commandé 24 petits tableaux. Nous n'avons pu établir dans quelles circonstances s'est conclue cette transaction qui remonte à 1936 à part que les cadres ont été réalisés par un ébéniste de Tizi-Ouzou. Seize de ces tableaux existent toujours à l'hôtel de ville. Ce sont ces mêmes tableaux que citent les différents inventaires d'avant l'indépendance, mais aucune allusion n'est faite, dans ces mêmes documents au reste de la commande. Un autre tableau à Ortéga ne faisant pas partie de la transaction, au vu de ses dimensions, existe toujours à l'hôtel de ville, il est cité dans l'inventaire actuel de la commune sous le titre "El Kantara".

En 1938, la municipalité de Philippeville procède à l'acquisition de deux tableaux provenant d'une succession. Le premier, "Marché de légumes" de Armand Point. Le second est le fameux "Le bassour" d'Etienne Dinet.

Il est à déplorer la disparition de plusieurs œuvres de maîtres qui ornaient les murs de l’Hôtel de ville de Skikda. Ont-elles été volées, prêtées ou se sont-elles tout simplement dégradées ? Par quel subterfuge avait-on réussi, il y a plusieurs années déjà, à "subtiliser" des toiles originales et propriétés exclusives de la commune de Skikda sans que cela ne choque et sans qu’une enquête ne soit enclenchée ? Comment expliquer aujourd’hui la disparition de plusieurs toiles d’Ortega et de Rossi qui au lendemain de l’indépendance étaient pourtant bel et bien consignées dans l’inventaire communal ?

La richesse dont disposait Skikda a subi, des années durant, une grave hémorragie encouragée par la passivité et le silence complice de l’ensemble des élus et d’autres responsables qui ont eu à passer par l’Hôtel de ville.

Il faut reconnaître que Skikda reste l’une des rares villes algériennes à disposer encore d’une véritable richesse artistique : des statues, des tapisseries d’Aubusson, des peintures de maîtres, des vestiges. Un trésor qui n’avait pas échappé à l’œil connaisseur d’un certain Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères sous le règne de Boumediène. C’était en 1970 lors d’une visite présidentielle, un élu de l’époque raconte :

- Nous faisions visiter au président Boumediène l’Hôtel de ville quand, soudain, Bouteflika remarqua le tableau d’Etienne Dinet qui était suspendu à l’un des murs. Il le contempla longuement puis lança : "Je crois que nous allons prendre ce tableau." Ce à quoi Boumediène répondit : ‘"Il nous faudra d’abord l’accord des élus locaux." Ces derniers finiront par concocter dans l’urgence une délibération pour décider d’offrir à Boumediène Le Bassor d’Etienne Dinet. Une magnifique toile du maître de l’orientalisme qui orne aujourd’hui le salon des accréditations à la Présidence.

Selon le livre du docteur Nouar, plusieurs tableaux portés sur un inventaire datant du mois d’août 1962 n’existent plus aujourd’hui, et plusieurs œuvres de Paul Rossi se sont volatilisées. La gangrène ne s’arrête pas là, puisque l’une des deux œuvres du célèbre portraitiste Jean-Gabriel Domergue a disparu. Il en est de même pour une merveilleuse collection de 24 toiles de l’artiste José Bennito Ortega qui a été amoindrie suite à la disparition de 7 œuvres.

De plus l'hôtel de ville de Skida été victime d'un incendie en 2009... on déplore la disparition de six œuvres de la collection de l’hôtel de ville dans cet incendie qui a ravagé les bureaux du chef de cabinet de la mairie. Quel gâchis !!!! Mais tout n'est pas perdu pour tout le monde, on murmure que l'occasion serait belle d’accaparer la prestigieuse collection skikdie pour la transférer à Alger. Une hypothèse que la population de Skida ne peut envisager.






La peinture orientaliste n’est pas seulement une "invitation au voyage", c’est un grand cri d’amour. Chaque toile révèle la fascination qu’exerçait l’Algérie sur ces peintres, l’attachement qui les liait à cette lumière, à ces couleurs, à cette vie intense. Au point qu’après un siècle, un peu de cette vie là vibre encore sur leurs toiles.


Pauline sunny
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Albaroc



Nombre de messages : 339
Date d'inscription : 24/07/2008

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Jeu 8 Avr - 15:41

.

"Adam Styka ................................................................... faisant exploser une vision dépouillée et réaliste de l’Afrique du Nord.

Il excelle dans la représentation de scènes de la vie courante et parfois intimiste en Afrique du Nord au début du XXème siècle.

Il va peindre des amoureux du sud saharien, vous savez Monsieur Albaroc ceux dont je vous avais parlés."........


Oui, Ma Chère Pauline, je sais...


Je reconnais dans les œuvres ci-dessus un métier abusant des recettes académiques au service d’un orientalisme convenu, sans rapport avec l’originalité et la fraicheur d’un Dinet ou d’un Racim.
Le burnous couleur sable avait déjà cours dans les peintures de ces derniers et connaissait une grande vogue sur les cartes postales à la mode « coloniale »…
Un bon point pour la lumière ; mais nous sommes en présence de travaux de reproductions peintes de photographies plus ou moins instantanées prises dans des bordels sahariens, fréquentés aussi bien par des bédouins que par des légionnaires.
Comme l’attestent leur « costume » et leurs bijoux, ces joyeuses fumeuses de cigarettes et autres, appartiennent à la tribu des Ouled Nail, première pourvoyeuse des maisons plus ou moins closes d’Afrique du Nord…
Il s'agit donc de scènes "intimistes" liées à la prostitution ; mais très peu représentatives de la vie courante….

Par ailleurs, en ce qui concerne les disparitions d’œuvres peintes ou autres, n’oublions pas que le 5 juillet 1962 c’est le départ d’une ère de pillages tous azimuts…
C’était aussi le temps d’affairistes français fraichement débarqués, « les vautours », de remplir des centaines de cadres-containers, pour évacuer des monceaux de meubles, collections et œuvres diverses achetées pour quelques dinars à des voleurs ignorants…

bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SantoniA

avatar

Nombre de messages : 842
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Ven 9 Avr - 13:54

cheers

Moi qui supposais que c'étaient des amoureux heureux Wink

Vous avez du penser que j'étais innocente ? le mot innocence comme simplicité d'esprit !!!! et vous auriez raison.

Cela me convenait de rêver qu'un jour en musulmanie les femmes furent non voilées et les hommes attentionnés

Bon, vous m'avez enlevé toutes mes illusions mais je me disais aussi que ces femmes paraissaient bien dévergondées.


Pauline
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Albaroc



Nombre de messages : 339
Date d'inscription : 24/07/2008

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Sam 10 Avr - 15:13

I love you

...habituellement, une image en cache une autre, ou succède à une autre image.

... très souvent, une image en contient une autre, plus ou moins facile à "lire"

Comme sur les charmants petits tableaux réservés à l'usage privilégié de Pauline auxquels nous conduit le lien ci-après :

dl.free.fr/qGsjOCZ6N

parce qu'elle les mérite bien!...

flower flower flower
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SantoniA

avatar

Nombre de messages : 842
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Mar 13 Avr - 3:35

flower
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SantoniA

avatar

Nombre de messages : 842
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Lun 7 Juin - 5:49

Basketball


Hocine Ziani est né en 1953, en Algérie Française, vit et travaille en France.
Artiste professionnel depuis 1978, il a obtenu le Prix de l'Académie des Beaux-Arts, Paris.

* Médaille d'or, Salon International, Vittel.
* Premier Grand Prix, Salon des Seigneurs de l'Art, Arles.
* Premier Grand Prix, Grand Gala National, Nantes.
* Premier Grand Prix, médaille d'or, Salon International, Grande Motte.
* Plusieurs fois médaillé au Salon de La Société des Artistes Français, Paris.




L'art de Hocine ZIANI apparaît dans le langage immémorial des nomades traversant le désert, la révélation de fragments de vie dans les sables et la lumière.

"Cette lumière d'Afrique que l'on sait indéchiffrable", selon François POUILLON, l'on ne saurait saisir une telle lumière de front, il faut la prendre par surprise, ou par ruse, réfractée sur un mur ou un objet, dispersée par la brume irréelle des lointains.

Avec ZIANI, l'école orientaliste d'ALGER gagne assurément son plus brillant sujet. Présent au Musée de l'armée et Musée des Beaux Arts d'Alger, Musée des Beaux Arts de Buenos Aires, et dans de nombreuses collections privées dans plus de 15 pays du monde, le nouveau Renoir algérien s'illustre au travers de paysages, natures mortes, portraits, scènes de batailles d'une exceptionnelle vigueur.

Les fruits de la Méditerranée, dattes raisins, grenades, recréent un univers de contemplation dans une gamme imaginaire aux couleurs chaudes.



Une exposition de ce maître constitue une véritable fête, dans un monde de lumière, à la célébration infiniment reposante des bleus, des verts, des mauves, des orangés.

La vie d'Hocine Ziani se lit comme un roman, voire comme un conte de fées. Né en Algérie Française en 1953, d'une famille modeste, vivant dans un village et une région qui ne l'étaient pas moins, il n'avait a priori aucune raison pour devenir un jour l'artiste à la renommée internationale qu'il est devenu. Sauf que le petit gamin, qu'il était, avait une seule et unique passion, qui lui a valu d'ailleurs de subtiliser des craies de couleurs à l'école du village pour pouvoir dessiner,



dessiner à tout prix et partout. Il avait pour sujet la nature et le village de son enfance.-ci-dessus femme berbère Mine de plomb-

LES ENFANTS, regardez cette toile elle magnifique.



Ces enfants vont chercher de l'eau, source de la vie, ils représentent l'innocence, le bonheur, l'insouciance. Pourquoi ce voile, nuage de poussière, peut-être veut-il, tout simplement, nous dire que l'avenir de nos enfants est incertain...

A l'écart de toutes les influences culturelles, Hocine Ziani s'est construit, patiemment, à force de ténacité et de persévérance, une personnalité et une manière de peindre bien à lui.



Toute sa vie, Hocine Ziani a travaillé à perfectionner son art, à affirmer son style, mêlant dans ses toiles le réalisme ou l'hyper-réalisme des premiers plans à une semi abstraction qui occupe le fond de sa composition. Il est avant tout peintre de son Algérie natale, et de la lumière si particulière qui y règne.

histoire d'amour


la cerise du paon


fantasia arabe


chevaux


En 1994, l’artiste quitte Alger et s’établit d’abord, à Paris, puis à Strasbourg, où est installé actuellement son atelier. Les expositions vont se multiplier dans d’autres galeries européennes et hors du Vieux Continent: Asie et Amérique. Depuis sa première exposition parisienne organisée en 1993, le peintre assume une permanente présentation de ses oeuvres à Paris, par des envois au Salon et à ses galeries attitrées.

Un constat amer, en Algérie et dans le reste du Maghreb, la contrefaçon pille en pleine lumière et en toute impunité les droits d'auteur du peintre Hocine Ziani. Pourtant, ces pays sont dotés de sociétés d'auteurs. De Rabat à Tunis, en passant par Alger, l’ampleur du pillage de l’œuvre de Ziani est stupéfiante.


Pauline
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Larissah



Nombre de messages : 156
Date d'inscription : 18/10/2009

MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   Mer 9 Juin - 3:52

.

Merci Madame Santonia, Merci de nous avoir fait connaitre cet artiste merveilleux.
Je pense que c'est le premier qui a su peindre avec autant de sensibilité les gens et les chevaux de son pays natal.
Merci pour ces belles images.


flower flower flower
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: MOHAMMED RACIM   

Revenir en haut Aller en bas
 
MOHAMMED RACIM
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
forum sur Frontignan et ses environs :: Frontignan, la ville :: Notre ville :: Artistes-
Sauter vers: