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 LA MEMOIRE QUI SAIGNE

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SantoniA



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MessageSujet: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Mer 24 Mar - 3:31

Très intéressant pour tous ceux qui pourront y assister. Les intervenants ont tous une place dans mon coeur.
Entrée libre.





sunny
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Albaroc



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Sam 27 Mar - 16:03

*


http://webmail.aliceadsl.fr/horde/imp/download/?mime=20f46c3ea587c84a5d7a8a1ca426950d&actionID=112&id=3&index=1376&thismailbox=INBOX&fn=/citations_du_g-n-ral_5_mars_1959.jpg




cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers
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Albaroc



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Dim 28 Mar - 3:49

Basketball


http://dl.free.fr/qO9eb4xjQ


Merci Mak pour le tuyau qui ne semble encore pas percé!...

Pour l'instant ça marche...ça risque de ne pas durer...



cheers cheers cheers
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SantoniA



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Jeu 29 Avr - 2:49

Basketball


Il n'était pas à une ignominie près le cheers


Citation :
SantoniA
MessageSujet: Re: LES POLITOCARDS Mer 24 Mar - 10:38

Avez-vous entendu parler du plan Simoun ?


Juin 1962 - LE PLAN SIMOUN

Pour apprécier de façon objective ce que fut le «plan Simoun», pour ceux qui le subirent mais aussi pour ceux qui le décidèrent et le mirent en application, il est indispensable de le situer dans la chronologie de ce qui fut le «printemps noir» de l'agonie de l'Algérie Française.

Il faut notamment évoquer la période dont les «historiens» ne parlent pas, la période passée sous silence par la plupart des médias, c'est-à-dire celle qui commence aux accords d'Evian pour se terminer à l'indépendance par l'exode et la «boucherie» d'Oran au début de juillet 1962.

Rappelons brièvement les moments les plus marquants :

- 19 mars 1962 : signature des accords d'Evian. Ordre de cessez-le-feu du Général AILLERET pour l'Armée française.

- 20 mars 1962 : 15 000 hommes de cette même armée font le siège de Bab-el-Oued. Les Blindés et l'Aviation tirent sur ce quartier populaire, théâtre d'un blocus inhumain.

- 26 mars 1962 : Rue d'Isly : le carnage. Les forces de l'ordre tirent sur la foule. Certains blessés seront achevés. 80 morts. 200 blessés.

- 8 avril 1962 : c'est le «référendum» qui doit approuver les mesures à prendre sur la base des déclarations gouvernementales du 19 mars, c'est-à-dire les accords d'Evian.

La population d'Algérie n'aura pas le droit de donner son avis sur le destin de son pays natal. Les électeurs des départements d'Algérie sont écartés du scrutin auquel prendront part - par contre - les soldats du Contingent servant en Algérie et bien sûr les départements métropolitains comme l'Outre-Mer.

Depuis plusieurs mois, les unités de l'Armée et de la police, ainsi que les fonctionnaires et les notables jugés «peu sûrs», et ils sont nombreux, sont «expédiés» en métropole et remplacés par des troupes et des personnels fiables. Les bouclages et arrestations, les attentats, les enlèvements se multiplient. Des charniers sont découverts. Les tueurs du FLN font la loi dans certains quartiers des grandes villes comme dans tout le bled. Beaucoup ont été libérés et ont quitté les camps. Ce sont maintenant des Français dans les geôles.

11 mai 1962 : Christian Fouchet annonce 6 nouvelles mesures. On lit dans le Figaro du 13 mai:

1. Les gendarmes mobiles «entrent» dans les commissariats. Les policiers musulmans, auxiliaires temporaires de la police, vont prendre place dans Alger dès la mi-mai. ils seront dans un premier temps 1200 à 1500 puis 2000 et seront encadrés par des gendarmes qui d'ores et déjà ont pris position dans quatre commissariats d'arrondissement d'Alger. Au total, huit commissariats d'Alger seront ainsi «tenus» par des gendarmes mobiles et les policiers musulmans qui poursuivront «en équipe» la lutte anti-terroriste.

2. Expulsion de 50 algérois dont 18 sont déjà «partis» en métropole.

3.Troisième mesure, en cours d'exécution, la «révocation» de fonctionnaires : le haut-commissaire demande aux préfets des 15 départements d'Algérie de lui signaler les défaillances des serviteurs de l'Etat afin que des sanctions soient prises à leur encontre.

4. Internement de personnalités algéroises et oranaises : ecclésiastiques, médecins, syndicalistes, chefs d'entreprise, etc...

5. Dissolution de l'AGE, Association Générale des Etudiants. En outre, un communiqué annonce des expulsions et des internements pour plusieurs animateurs de l'AGE.

6. La sixième mesure annoncée par Christian Fouchet nous intéresse particulièrement. Elle concerne l'appel sous les drapeaux des «jeunes européens de 19 ans».

Le haut-commissaire demande (et obtiendra) qu'une ordonnance gouvernementale soit prise pour lui permettre, à sa discrétion, de faire incorporer sous les drapeaux, à partir de 19 ans, tous les jeunes européens qui n'auraient pas effectué leur service militaire, y compris ceux qui bénéficient d'un sursis pour terminer leurs études.

Cette mesure a été demandée, précise l'article, pour contrecarrer le recrutement des «tueurs de l'OAS» parmi la jeunesse d'Alger et d'Oran.

Ainsi donc, après l'Armée, la Police, l'Administration et le Clergé, c'est le tissu social, les, familles, qui sont l'objet des attentions du pouvoir dans le but de fragiliser la résistance qui se destine à vouloir garder l'Algérie à la France.

La mise en place progressive des futurs maîtres de l'Algérie précédée de la Force Locale sera ainsi plus aisée.

Dans le journal «Le Monde» du 21 mai 1962 un article résume, en quelque sorte, une partie de la stratégie, sous le titre : «la lutte anti-OAS à Alger et Oran», il indique dans le même sous-titre que 6000 jeunes européens vont être incorporés dans la métropole.

Six compagnies de la Force Locale sont mises en place dans les deux villes.

Rocher-Noir précise en outre que la mesure qui est prévue pour les jeunes européens âgés de 19 ans touche également les sursitaires.

Cette décision deviendra en juin une opération de grande envergure connue sous le nom de code : PLAN SIMOUN.


à suivre


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SantoniA



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Mer 7 Juil - 16:59

Crying or Very sad

ORAN : 5 JUILLET 1962, LE GENOCIDE.

ARCHIVES INA
http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/guerre-d-algerie/video/2434021001004/massacres-pieds-noirs-et-harki-en-1962.fr.html


Ce jeudi 5 juillet ne paraissait pas devoir être, à Oran, une journée plus angoissante que les autres. Comme depuis cinq jours, les Oranais s'éveillaient dans les rumeurs d'une foule qui avait déjà envahi la rue, ivre de promesses et de rêves. On allait enfin connaître le bien être, le monde allait changer de face, le pactole allait couler. Et la fête continuait... tandis que les Français qui étaient encore là bouclaient leurs valises ou attendaient, écrasés de soleil et de misère, un bateau sur les quais ou un avion aux abords de l'aérogare.

Un soulagement pourtant se faisait jour parmi ces Français-là. Tous avaient redouté la date fatidique du 1er juillet (référendum) et plus encore celle du 3 juillet qui avait vu défiler sept katibas de l'ALN dans Oran. Or, rien de ce qu'on avait craint ne s'était passé. Les enlèvements se succédaient, certes, les attentats sournois au coin des rues, aussi, mais il n'y avait pas eu de déferlement de la masse musulmane et le chef de détachement des unités de l'ALN, le Capitaine Bakhti avait déclaré aux Européens :
« Vous pourrez vivre avec nous autant que vous voudrez et avec toutes les garanties accordées par le GPRA. L'ALN est présente à Oran. Pas question d'égorgements. Bien au contraire, nous vous garantissons une vie meilleure que celle que vous connaissiez auparavant ! »

De plus, le général Katz, en personne, avait estimé qu’il avait pris toutes les dispositions nécessaires pour que les manifestations du 5 juillet à Oran se passent dans le calme le plus absolu. Avec le Capitaine Bakhti, il s’était engagé à ce que les réjouissances algériennes ne débordent pas en ville européenne. Pourquoi dans ce cas là s'inquiéter plus que de coutume ? La fête marquant la célébration de l'indépendance algérienne pouvait commencer...

Cependant, dès l'aube, le village nègre (quartiers arabes) se mit en mouvement et contrairement à ce qui avait été promis, ce furent des milliers de Musulmans qui déferlèrent vers la ville européenne, s'étourdissant dans les cris, les chants, les you-you des femmes. Rien ne laissait encore prévoir le drame qui allait se passer. Pourtant de nombreux Européens constatèrent que certains avaient une arme à la main et que beaucoup d'autres tentaient de dissimuler soit un revolver, un couteau, un fusil, une hache ou un gourdin. Le doute n'était plus permis.

Alors les plus avertis se barricadèrent et on essaya de prévenir par téléphone les amis et la famille de ses craintes.

Place Jeanne d'Arc située devant la cathédrale, une Musulmane, après avoir poussé une série de you-you stridents, grimpa sur le socle de la statue équestre de la pucelle d'Orléans. On lui tendit un drapeau vert et blanc qu'elle accrocha à l'épée que Jeanne d'Arc pointait vers le ciel. Une immense clameur accueillit cette action. Survoltée par sa prouesse, la mégère entreprit, toujours juchée sur le socle, une danse du ventre endiablée, supportée en cela par des milliers de mains qui claquaient au rythme de la danse. Il n'y avait plus de France en Algérie, il n'y avait plus de pucelle Française. L’Algérie appartenait aux Algériens !

A midi moins dix, devant le théâtre municipal où s'était rassemblée la foule, un silence incompréhensible s'établit soudain. Des responsables du FLN, étaient là, encadrant la meute et semblant attendre un signe. Puis quatre coups de feu isolés se firent entendre. C'était le signal ! Ce fut alors que plusieurs hommes, semblant mettre à exécution un plan mûrement réfléchi, partirent en courant dans toutes les directions, criant : « C'est l'OAS, c'est l'OAS qui nous tire dessus !» entraînant par là même la foule qui se mit également à courir en criant « OAS, OAS, OAS ! »

De ce rassemblement qui se devait - aux dires de Katz - être pacifique, émergèrent soudain des hommes en armes qui, pour affoler les gens, tirèrent dans toutes les directions - y compris sur la foule - aux cris de « OAS assassins ! Sus à l'OAS ! »

Bientôt le feu fut dirigé sur les sentinelles françaises en faction devant la mairie, le Château-Neuf (là précisément où se tenait l'état-major de Katz) et l'hôtel Martinez qui hébergeait les officiers français. Après un moment d'hésitation, les soldats français ripostèrent à leur tour avant de se barricader. Ce fut là le point de départ du plus grand pogrom anti-européen que l’Algérie n’eût jamais connu.

Ce qui va se passer ce 5 juillet à Oran, sera insoutenable à voir. Toutes les limites de l'horreur seront franchies. Des centaines d'Européens seront enlevés ; on égorgera, on émasculera, on mutilera pour le plaisir, on arrachera les tripes des suppliciés, on remplira les ventres de terre et de pierraille, des têtes d'enfants éclateront contre les murs comme des noix, des hommes seront crucifiés, brûlés vifs ; des femmes seront violées puis livrées à la prostitution ; le sang se répandra en nappes tandis qu'au village nègre, les Européens encore vivants seront suspendus par le palais aux crochets d’abattoir.

Comment pardonner, 48 ans après l’horreur de ce sang pleurant des viandes… ces bouts de cadavres que l’étal tenait suspendu à ses crochets? Le crime est bien trop grand pour que nous n’en perdions jamais le souvenir !

Très vite, les Européens qui ne s’attendaient pas à ce déferlement de violence furent pris en chasse et bientôt ce ne fut qu’horreurs et abominations.

Les cris de terreur trouvaient leur écho dans toutes les gorges des victimes pourchassées. Il ne subsistait plus le moindre sang froid, plus le moindre germe d'humanité... Ce n'était plus qu'une avalanche de démence et de terreur. Le carnage était sans précédent. La puanteur uniforme de la mort avait remplacé les odeurs multiples de la vie.

Pendant ce temps, l'armée française se barricadait dans les postes de garde en position de surveillance. Un hélicoptère survola la ville. A son bord, le Général Katz essayait d’apprécier la situation. D'après le rapport des sentinelles, sur la seule place d'Armes, il y avait au moins vingt cadavres d'Européens affreusement mutilés. Mais du haut de son appareil, le « boucher d'Oran » - ainsi l'avaient surnommé les Oranais - crut pouvoir conclure que la ville semblait calme (!). Tout était, apparemment, rentré dans l'ordre ! Il valait mieux éviter un affrontement avec le FLN, pensa-t-il !... et le drapeau français fut amené pour ne pas exciter davantage la multitude.

Chaque Européen était devenu proie, gibier face à la foule terrible, acharnée à sa joie, déchaînée, et quand ils apercevaient des véhicules de l'armée française, en proie à la terreur, tentaient d'y grimper… ils y étaient la plupart du temps repoussés à coups de crosse.

C'était l'épouvante parmi eux. "Mais que fait l'armée, que fait l'armée ?" disaient-ils. Ils entendaient encore les hauts parleurs des camions militaires promener dans toute la ville, le lancinant et rassurant appel : "Oranais, Oranaises, n'écoutez pas ceux qui vous mentent (sous-entendu, l'OAS). L'armée est ici et restera pendant trois ans pour vous protéger." C'était, les 26, 27 et 28 juin 1962 !

Des hommes en tenue de combat, rutilantes de neuf, « les valeureux soldats de la libération », et d'autres civils armés se déversaient dans les immeubles et en ressortaient des files d'Européens, hommes, femmes, enfants, vieillards. Ces malheureux « convois de la mort » prenaient la direction d'Eckmuhl, du Petit Lac et de la Ville Nouvelle, mains sur la tête, sous les sarcasmes, les crachats, les injures, les coups et les huées de la populace.

Pour eux, c'était la fin, ils le savaient et ils priaient pour que la mort vînt les prendre le plus vite possible et les arracher aux supplices qui les attendaient. Avec amertume ils se remémoraient les paroles de Fouchet :

« La France n'oubliera jamais l'Algérie. Sa main sera toujours là pour l'aider»... « Comment pouvez-vous croire que la France puisse vous abandonner ? Vous avez la garantie d'un traitement privilégié ».

Il est vrai que le Ministre n'avait pas précisé de quel traitement il s'agirait!.... Et aujourd'hui, la ville toute entière leur paraissait une tombe: la leur. Aucune aide de personne à attendre. Crier, appeler au secours, tout était inutile. C'était le colonialisme et la génération nouvelle qu'on allait détruire, voilà tout. Alors, qu'importait qu'on saignât les enfants et qu'on ouvrît le ventre des mères, qu'on arrachât les tripes des suppliciés et qu'on les pendît par les pieds au-dessus de braises incandescentes...

A dix sept heures, enfin, le bruit caractéristique d'un convoi de camions se fit entendre. C'était la gendarmerie mobile, l'âme damnée du Général Katz qui prenait position. Dès cet instant, comme par miracle, la manifestation prit fin et la populace disparut... mais il était trop tard.
Des centaines de cadavres jonchaient les rues, le sang avait maculé trottoirs et rigoles, les appartements étaient dévastés, les magasins pillés, les disparitions ne se comptaient plus, la ville avait pris le visage de l'apocalypse.

Pourquoi cette intervention s'était-elle produite si tardivement ? Avait-on décidé de faire payer aux Oranais leur folie, leur passion pour l'Algérie française, leur trop grande fidélité à l'OAS ?

Où était passé le Capitaine Bakhti, l'homme fort, l'homme de confiance de Katz, qui avait déclaré le 3 juillet qu'il n'était pas question d'égorgement ?

La réponse est simple : Paris, qui, grâce à ses renseignements, s'attendait à cette explosion de folie furieuse, avait ordonné à Katz « de ne pas bouger, de laisser faire ». Et Katz, grosse brute bornée qui tirait vanité de sa servilité - même quand il s'agissait d'assassiner ou de laisser assassiner des Français ! - à la recherche constante d'une nouvelle étoile, obtempéra aveuglément. Ceci est une certitude. Les preuves matérielles foisonnent en ce sens. Ce qui est incontestable, c'est que l'ordre de Paris, capté à la poste centrale vers 16 h 30, de faire cesser la tuerie eut instantanément son effet. A 17 heures, tout était fini et la ville abasourdie était plongée dans un silence de mort, de cette mort qui pendant six heures s'était abattue sur elle.

Katz quant à lui, pouvait être fier : Il avait obéi aux ordres et une quatrième étoile allait récompenser sa fidélité.

Cependant dans la cité meurtrie, l'angoisse étreignait les survivants. Chacun tremblait pour les siens, les gens se cherchaient, beaucoup demeuraient encore cachés de peur de voir la tornade s'abattre de nouveau. Le nombre des disparitions augmentait d'heure en heure, aggravant le tourment des familles. La morgue était pleine à craquer et une odeur fétide s'en dégageait. On en refusa bientôt l'entrée et les corps entassés, mutilés, étaient méconnaissables.

Dans la ville arabe et au Petit Lac, le tas des tués était plus incohérent et plus dense. Il s'échappait une odeur fétide, insupportable, une épouvantable pestilence. L'on pouvait voir, trempant dans des bains répugnants, les viscères des malheureuses victimes et sur un mur, tracé d'une main maladroite, l'on pouvait lire : « Les boyaux des Français »...

Et toujours cette liesse, et toujours ces cris « Mort aux Chrétiens ! »...

Et toujours cette foule frénétique, fanatique, cette même foule qui, quelques mois plus tard, n'obtenant rien des promesses invoquées tout au long de la guerre et réduite soudain à la famine, émigrera en France avec une mine attristée et des yeux de douleur, dans cette Patrie qu'ils auront eu plaisir à humilier et dont ils auront persécuté avec délice ses enfants.

José CASTANO


http://www.youtube.com/watch?v=PzsfFWKNSSw&feature=player_embedded


affraid
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SantoniA



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Ven 24 Sep - 6:45

flower


Beau texte pour la maman de Mohammdia I love you

Algérie ma belle, Algérie éternelle, Il pleut sur mon coeur, il pleut sur ma mémoire. Cette pluie glaciale de début de printemps me transperce et me rappelle ceux qui ont illuminés toute ma jeunesse. Mes yeux s'ouvrent lentement sur des horizons lointains, plus savoureux, plus cléments. Cette pluie ravive en moi de magnifiques souvenirs , souvenirs d'ailleurs, souvenirs de toujours qui ont bercé mon enfance.Je n'ai plus envie de rester ici mais de m'évader vers d'autres horizons pour renouer avec cette magnifique terre d'Algérie , toujours aussi grisante, chargée de ses couleurs chatoyantes et de ses parfums ennivrants.

Je reviens vers toi mon doux pays à petits pas. Je me fais discret comme pour me faire pardonner de t'avoir délaissé pendant tant d'années. Non, je ne t'ai pas oublié et je voudrais faire le chemin à l'envers pour venir me blottir dans tes bras et effacer tout ce temps passé loin de toi durant lequel je n'ai jamais cessé de penser à toi. Il faudra que tu acceptes mes larmes, celles que je retiens depuis des années et qui m'ont souvent précipité dans l'angoisse.

Je veux de nouveau me baigner dans cette atmosphère d'autrefois, joyeuse, chaleureuse, familière et revoir ces paysages fabuleux que tu as su m'offrir tout au long de ces années passées prés de toi. Je les garde jalousement ancrées dans mon coeur et je savoure ces moments divins qui m'ont aidé à supporter cette triste situation qui est la mienne aujourd'ui : celle de t'avoir perdu..J'ai toujours vécu en regardant par dessus mon épaule pour te chercher du regard, attendre un signe de toi, mais il a fallu que je poursuive mon chemin sans toi et que je plonge dans un univers où tout était triste et différent; recherchant sans cesse ce petit quelque chose qui me ferait revenir vers toi.

Rien ne s'est passé et je suis resté isolé comme enchaîné à l'autre bout de la terre.Je suis comme l'arbre déraciné qui, planté ailleurs , ne parvient pas à faire de nouvelles racines pour aller chercher la sève qui va le maintenir en vie..Oh ma terre, oh chère terre d'Algérie, comme tu me manques!..Je demeure rattaché à toi par ce précieux cordon qui diffuse en moi un sang neuf qui me donne la force de supporter cet exode et combattre le souvenir de ce jour de juin 1962 ou j'ai dû te quitter.Je me suis senti complètement abandonné, perdant mes repères mais ne te quittant pas des yeux jusqu'à ce que tu disparaisses dans le lontain et dans le flot de mes larmes.Je savais que rien se serait comme avant!..

Episode tragique où je partais pour je ne sais où , faire je ne sais quoi..Mon avenir je le voyais ici, avec toi , au milieu de mes amis, pour tisser avec toi les liens les plus secrets et les plus beaux .Durant toutes ces années , je me suis souvenu de tous ces moments délicieux que tu m'as donnés et qui sont devenus au fil du temps mes perles précieuses, mes diamants, mes émeraudes, mes rubis, mon trésor , ma richesse..

Je revois avec délice ma ville d'Hussein-Dey où je suis né , oû j'ai grandi, mon bien aimé quartier Trottier , et toutes des jolies maisons qui bordaient les rues.Je pense à la mienne avec dans le jardin l'oranger, le citronnier et l'immense jasmin qui diffusaient leurs parfums suaves les soir d'Eté.Le bougainvilliers qui formait une tonnelle au dessus du portail, les jolis géraniums, les pois de senteur, les arums et les violettes parfumées aux pieds des arbres.J'entends encore les rires et les cris des enfants assis sur le bord des trottoirs souvent surchauffés par le soleil , ceux des hirondelles volant dans un ciel d'azur, et je retrouve cette foule joyeuse et insouciante qui arpentait les trottoirs de cette longue rue de Constantine le soir dans le brouhaha et la fumées des barbecues.

Je n'oublie pas la passerelle et le petit chemin qui menaient à la plage du piquet blanc. Toi l'hirondelle , quand tu passeras au dessus du cimetière, vient tournoyer autour de la tombe de papa et maman pour leur murmurer tendrement que je les aime toujours autant et que je pense à eux. Toi, mon pays, campé dans tes habits de lumière tu as su être généreux et me donner ce que tu avais de plus beau, de plus convaincant : Ton ciel merveilleusement bleu, ton soleil éclatant, tes paysages colorés allant des bords de mer somptueux aux splendeurs inagalées des fraîches palmeraies, tes senteurs subtiles et pénétrantes, qui forcent l'admiration et l'amour de tous ceux qui ont eu un jour la chance et le bonheur de te rencontrer.

ALGERIE ma belle, ALGERIE éternelle, ALGERIE envoûtante..je vais refermer une fois de plus ce bel album de mes souvenirs, ouvert aujourd'hui pour en extrirper les plus beaux moments de ma vie, ceux de ma jeunesse ensolleillée parmi les paysages les plus beaux, les plus parfumés. Je n'irais plus manger des makroutes ou des z'labias chez le marchande de beignets, ne pourrais plus parcourir les rues de mon quartier à la recherche d'un copain ou d'une copine pour jouer, entendre ces merveilleuses et maqiques musiques qui vous prennent aux tripes et qui vous donnent une envie impérieuse de danser et de rire mais, il me faudra tout simplement fermer les yeux et me laisser bercer par la magie des souvenirs pour revivre ce temps passé et inéffaçable où j'étais tout simplement heureux ...


Serge Molines

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MAKEBAKOULO



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Ven 24 Sep - 15:44

pale

Quelle émotion; mais surtout quelle souffrance exprime la lettre de ce Monsieur Serge Molines torturé par la nostalgie d'un paradis perdu qui s'appelle Algérie. Texte tout simplement MAGNIFIQUE de sensibilité et d'humanité...
Merci à Pauline SantoniA de nous l'avoir fait connaitre.


Make



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Larissah



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Sam 25 Sep - 12:42

'


Bonjour tout le monde
Je dois reconnaitre que cette fois j’approuve ce qu’à écrit ce monsieur Makuboculo car ce n’est pas dans sa coutume habituel.
C’est tout à fait ce que je pense aussi du texte de Monsieur Molines qui m’a provoqué des larmes. Après tout on oublie ces gens là qui sont nos voisins, qui ont eu du mal et souffrent depuis cinquante ans. Et pour quel résultat en fin de conte ?
En réalité, avec tout le fourbi qu’on nous fait sur les retraités et les gitans on oubli tout le reste, c'est-à-dire le plus important. Heureusement que notre petite danseuse Pauline nous ramène les pieds sur la terre.
Merci encore Pauline !



sunny
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Albaroc



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Mar 19 Oct - 12:59

cheers


Salut mes frères!

Le Cap Falcon c'était quand même chouette !!!



https://mail.google.com/mail/?ui=2&ik=a90b54ad04&view=att&th=12bc59a428305da7&attid=0.1&disp=attd&zw




Vous me direz si ça marche...j'ai des problèmes avec les liens!




bom bom bom
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SantoniA



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Mer 20 Oct - 14:32

flower flower flower


Je ne peux pas lire le lien.





Pour vous Monsieur ALBAROC


Prière à la vierge du Cap Falcon


Cet été là

Quand une pluie d’obus a commencé de s’abattre sur la rade
Les humbles populations de Mers El Kébir se sont tournées vers toi
Elles t’ont priée de les épargner sous leur mince abri de brique
Sauver sous le fragile mortier femmes, enfants, adultes désarmés
Alors de tes mains ouvertes tu as contenu le déluge de feu
Posées sur le front des « marsouins » agenouillés devant le port
Ils n’ont pas connu, eux, le sort de ces guerriers embarqués
Condamnés à périr dans un cercueil d’acier au fond de la mer

Cet été-là

Quand le feu a ravagé la terre des ancêtres et la maison natale
Quand le sang de tant d’innocents a coulé rougissant la baie
Quand Dieu semblait dans la tourmente avoir oublié les siens
Tout espoir de protection divine abandonné, ils sont partis
Et drapée de ta blanche virginité tu es restée toute seule
Les mains ouvertes sans défense devant l’insulte barbare
Les yeux fermés devant le sacrilège …quand un marin
Dans sa piété a eu le geste salutaire de te tendre la main.

Aujourd’hui

Face à l’écume du large tu te dresses sur un autre Cap
Mais tes protégés et leurs enfants savent que tu regardes
Vers les tombes de ceux qui sous les gerbes de feu comme
Sous la mitraille sont à jamais séparés de nous, de toi…

François Gonzalez




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SantoniA



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Jeu 28 Oct - 5:59

flower


Débat animé à Marignane, mais la stèle DE MARIGNANE EST REHABILITEE cheers

http://www.maritima.info/actualites/politique/marignane/112/la-stele-de-la-discorde-a-provoque-un-vrai-debat-anime-a-marignane-.html


sunny
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SantoniA



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Lun 1 Nov - 8:29

flower flower flower



Poème pour les défunts laissés là-bas par un Oranais René MANCHO




Lorsque les chrysanthèmes fleurissent sur les tombes
Et que les bonnes gens honorent leurs défunts
Du lever du soleil jusqu’à ce que la nuit tombe
Me reviennent en mon âme odeurs et parfums.

De mon pays , là-bas ou je ne pourrais pas
Un bouquet à la main, une prière sur les lèvres
Rendre hommage à mes morts, non je ne pourrais pas
Alors monte en moi la rage et puis la fièvre.

Sous une humble photo, maigre consolation
J’allume une veilleuse et la petite flamme
Permet vers vous mes morts toute ma dévotion
Ma tristesse, ma peine et c’est la mort dans l’âme

Que mon esprit s’en va, vers les marbres ternis
De cet havre de paix qu’était Tamasouet
Où désormais, hélas, il ne m’est plus permis
De prier mes défunts sous le chant des mouettes.

Les larmes qui circulent sur les rides de mes joues
Me disent que peut être mon tour d’aller vers vous
N’est déjà plus très loin et qu’enfin finira
Cette séparation que des fous ont voulu.







Très joli texte de R. Aniorté.
Dans la paix des cimetières, en ce jour de Toussaint, avaient fleuri les tombes. Pourtant, quelques ombres, jaillissant de la nuit, allaient pour des années déchaîner la violence et attiser la haine, multipliant les deuils. En effet, tel un mauvais présage, elle avait débuté, ce premier jour de novembre 1954.

D'atrocités en bestialités, de cruautés en férocités, de promesses en dédits, d'espérances en désespérances, lassés de tout, un jour pour en finir, ils s'en étaient allés blessés, déchirés par la vie, d'un pays bien étrange, d'un pays près du coeur, tout au bout d'une plage.

Par bateaux, par avions, par instinct de survie, par amour de liberté, transis, ils arrivèrent dans ce pays de France, pour s'attacher un nouveau port. C'est vrai que là, et parlant d'eux parfois, en imitant l'accent, avec basse ironie, certains disaient alors, "qu'avec leurs deux valises, ils avaient tout perdu !".

Et pourtant, ce n'était que vérité criante ! Hormis l'Honneur, ils avaient bien laissé, le fruit de leur labeur, la chaleur d'un pays, sa qualité de vie, les terreurs de la nuit, les chagrins et les deuils, et même les rires, aussi !

Inconsciemment, sans doute, ancrés au fond du coeur, ils portaient tout en eux, l'insouciance des pionniers et espoir bien secret, qu'ils recommenceraient à bâtir à nouveau, pour ne pas s'abrutir, en songeant au passé.
Du passé, justement ils voulaient en parler, mais point trop, s'il vous plaît !

On ne peut oublier tant de vies sacrifiées à bâtir des jardins, à construire un pays, pour devoir le quitter par un soir de juillet.

Sans jamais renoncer, sans jamais le cacher, leur accent, si chargé de Soleil, si souvent imité, ils l'accompagnaient d'un surplus de Bonheur, de Joie et d'Amitié, toujours à partager, pour que de notre France, s'élargisse l'accueil. Mais depuis cette Toussaint, lorsque novembre arrive, tout chargé de grisaille, on les voit, chaque année, rôder dans les cimetières. En souvenir des leurs, là-bas sous la pierre froide, ils déposent des fleurs sur des tombes oubliées, plus souvent maintenant, sur de récentes stèles.

Issue de l'abandon, une génération commence à reposer aussi sur cette terre, en plantant ses racines, pour marquer son passage en évitant l'oubli.

Malgré les aléas, malgré la conjoncture et malgré les blessures, ils sourient bien souvent, comme des êtres heureux. Pourtant quand leurs pensées s'échappent vers ces lieux où des tombes, à jamais, ne seront plus fleuries, leurs yeux laissent perler quelques larmes de pluie que le mistral, aidant, emporte complaisamment, histoire de féconder cette "Terre du Souvenir", qu'au fond de leurs pensées, pour ne pas la trahir et ne pas l'oublier, ils n'ont jamais quittée !







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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Lun 7 Fév - 5:46

flower



LA VALISE OU LE CERCUEIL

- 2011 - film qui sera diffusé en avant première à Montpellier le 26 février 2011.

Voici la présentation par le réalisateur :

« La valise ou le cercueil » est le titre du film retraçant la vie et le lâche assassinat du peuple pied noir et harkis par la République dictatoriale gaulliste dirigée par De Gaulle.

C’est aussi toute l’histoire authentique de cette belle province française durant 132 ans, restée dans les cœurs et dans les tripes de millions de Français d’AFN et de Métropole.

Ce film historique est réalisé par Charly CASSAN, pied noir avec Marie, sa collaboratrice et dynamique compagne. Ils se sont dépensés sans compter durant 14 mois de tournage et d’interviews tant en Algérie et Tunisie qu’en France et en Espagne, pour retracer durant deux heures palpitantes et émouvantes, la vie de ce peuple hors du commun qui est resté debout et fier avec honneur et dignité face à toutes les adversités.

Tout est répertorié chronologiquement dans ce film historique et de mémoire.

Cela commence en 1830 par le débarquement à Sidi Ferruch et la prise de la Régence d’Alger occupée par les Turcs qui se servaient des pirates barbaresques pour écumer la Méditerranée et imposer l’esclavage, la dictature et le pillage de ce pays inculte et infecté de moustiques, qui allait devenir l’Algérie avec la présence de Français et d’Européens.

L’armée d’Afrique est de tous les combats, en Crimée en 1870, ainsi que pendant les deux dernières guerres mondiales.

Sont évoqués, avec précision, les massacres du 8 Mai 1945 à Sétif.

Ensuite on passe aux bâtisseurs de cette Algérie heureuse et prospère où les souvenirs de leurs années lumineuses surgissent avec émotion.

En Novembre 1954, par les fautes successives des gouvernements parisiens, éclate la rébellion arabo-islamique nationaliste, commandée du Caire.

Ce furent huit années d'une guerre atroce et fanatique contre les rebelles et les terroristes sanguinaires et assassins.

Il y eut la fameuse bataille d’Alger largement gagnée par les parachutistes français du général MASSU, sans oublier les journées des barricades d’Alger et le Putsch des généraux patriotes.

En rappelant qu’il y eut le complot gaulliste du 13 Mai 1958 et le retour au pouvoir de De Gaulle, qui allait trahir ses engagements et livrer le pays aux fellagahs-égorgeurs suite aux funestes et honteux "accords d’Evian", où le gouvernement gaulliste a capitulé face à l’ennemi qui était pourtant battu sur le terrain.

S’en est suivi le courageux et héroïque combat de l’OAS qui fut le dernier sursaut de tout un peuple contre le FLN et leurs alliés et complices : les communistes et les barbouzes gaullistes.

Pour achever ces épisodes dramatiques et douloureux, sont évoqués les enlèvements appelés par le pouvoir en place : « les disparus », cruellement et sauvagement assassinés, les massacres de la rue d’Isly et de la grande Poste d’Alger après l’ignoble et criminel blocus du quartier populaire de Bab-el-Oued en Mars 1962.

Et ceux du 5 juillet à Oran après la trahison et l’abandon, puis le génocide des harkis et de leurs familles, tout cela voulu par De Gaulle afin de décourager et anéantir la résistance des Européens d’Algérie et des Français musulmans fidèles au drapeau français.

Ce qui provoquera le terrible exode et l’exil inhumain de tout un peuple dans cet hexagone chloroformé, désinformé, et forcément hostile aux Français d’Algérie.

50 ans après, le retour des Pieds-Noirs en Algérie fait remonter à la surface des souvenirs enfouis et une émotion intense s’en dégage.

Acteurs, témoins et victimes survivantes sont les personnages principaux et prestigieux de ce film qui brise enfin l’hypocrisie, la malhonnêteté et l’omerta des pouvoirs publics successifs et de leurs relais que sont les médias en imposant un total black-out sur la véritable histoire et l’agonie de l’Algérie française.

Charly CASSAN
Réalisateur









2 projections sont prévues (Séances privées sur invitation)

A 17 h et à 20h30 au théâtre Jacques Cœur, Avenue Léonard de Vinci à LATTES - 34970 (près de Montpellier)

"LA VALISE OU LE CERCUEIL" Un film de Charly CASSAN

Ce film laisse enfin la parole aux victimes et témoins. Il raconte l’épopée tragique de tous ces Français d’Algérie de 1830 à nos jours.

Vous êtes cordialement invités, vous et vos amis, mais les places étant limitées, nous avons besoin de savoir si vous pourrez assister à une des projections et nous indiquer très rapidement le nombre de personnes présentes.

Possibilité de se restaurer sur place.

Merci de nous contacter au 04 67 27 87 26 ou au 06 13 56 00 36



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Mer 23 Mar - 6:55

cheers cheers cheers




Citation :
Citation:
Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a critiqué leur "imprudence coupable", tandis le chef d'état-major des armées, Jean-Louis Georgelin, très irrité de devoir engager la sécurité de ses troupes pour les deux irresponsables couverts par les médias, annonce au micro d'Europe 1 le coût des opérations de recherche.
"Nous avons déjà dépensé plus de 10 millions d'euros dans cette affaire". "Je donne le chiffre parce que j'appelle à la responsabilité des uns et des autres".




Alors que les médias rappellent quotidiennement l’enlèvement de deux journalistes en Afghanistan et qu’un comité de soutien a été créé pour leur libération, nous rappelons également que depuis le 19 mars 1962,

cela fera, au 31 janvier 2011, 17849 jours que des milliers de Français d’Algérie ont été enlevés dans la plus grande indifférence sans que les "bonnes consciences" de ce monde n’élèvent la moindre protestation.

Ne les oublions pas.


"La raison du silence concernant cette tragédie Question Tenter d'éviter la honte d'avoir à regarder en face ce qui fut, en réalité, une inqualifiable lâcheté.

Ces hommes, ces femmes disparus ne furent ni véritablement protégés, ni véritablement recherchés. Sur le sol algérien, à l'époque, la France avait alors les moyens d'action ou de pression, pour les protéger ou pour les rechercher. Elle ne les a pas utilisés.

Telle est la terrible, la tragique, l’insoutenable vérité.

Certains demandent: "Pourquoi ouvrir à nouveau ce dossier?".

Simplement pour remplir ce devoir de mémoire dont on nous parle tant...
Pour appréhender la vérité, la regarder en face, la dire, la redire, la crier...
Non par vengeance...
Non par haine...
Mais par respect... par respect en souvenir de ceux qui furent victimes de ce drame de lâcheté."

Hélie de Saint Marc

Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven

Ces jours-ci, beaucoup de pataquès pour un bâteau d'étrangers à retourner sur l'autre rive, mais qu'ont dit ces mêmes droitdel'hommistes lorsque Gaston DEFFERRE en 1962 se conduisait comme un salopard Question


Interview du maire de Marseille dans le journal Le Figaro du 26 juillet :

Question : « Voyez-vous une solution au problème des rapatriés de Marseille ? ».

Réponse : « Oui ! Qu’ils quittent Marseille en vitesse ».

Sur les bancs de l’Assemblée Nationale, il crie

"il faut les pendre, les fusiller, les rejeter à la mer...",

en ajoutant qu’ils ne les recevrait jamais dans sa cité.



Et aujourd'hui sa cité, c'est poubelle la ville cheers


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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Sam 26 Mar - 5:58

cheers


N'oublions pas une date essentielle à notre devoir de mémoire : le 26 mars 1962, date fatidique où l'armée française a, pour la première et unique fois depuis le 19 mars et pas contre le FLN, violé le cessez-le-feu en "hachant" au fusil mitrailleur, pistolet mitrailleur,rue d'Isly à Alger une foule pacifique de Français d'Algérie désarmés, arborant drapeaux tricolores et chantant l'hymne national.








A CEUX DE LA RUE D'ISLY


Conscients que Bab-El-Oued était assiégé,
Affamé ce 26 Mars 1962
ils se mirent à marcher d'Alger vers Bab-El-oued
Avec drapeaux paniers.
Ils marchaient
D'un élan spontané le coeur serré,
Sachant qu'à Bab-El-Oued
Etaient les barbelés.
Sachant qu'à Bab-El-Oued
Des gens étaient tombés.
Ne se doutant pas de ce qui allait se passer
ils marchaient ,ils marchaient
Les braves gens d'Alger.
Tout à coup sur eux les armes ont crépité.
HALTE AU FEU ! HALTE AU FEU !
HALTE AU FEU ! HALTE AU FEU !
on entendait crier.
Ils sont tombés
Sans pouvoir riposter,
Dans leurs mains
point d'armes
Seulement drapeaux , paniers
Qu'avec un coeur immense
ils avaient préparé.
Pour ceux de Bab-El-Oued
Qui étaient encerclés.
Ils sont morts ou blessés pour nous
Ces braves gens d'Alger.
Aussi, dès que Bab-El-Oued a été libéré
Ce fut à notre tour.....
De nous précipiter à la Grande Poste
Rue d'Isly pour prier avec dignité.
Au bas de ce grand escalier
Nous avons déposé des fleurs ,des cierges
des messages pour remercier
CEUX DE LA RUE D'ISLY
que nous n'oublierons jamais.


SINTES Isabelle née BERTIN de B-E-O



Au nom de tous les miens
Ni oubli
Ni pardon


aux pieds gris



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Lun 11 Avr - 5:42

cheers


André Rossfelder écrit à un Max Gallo historien



Monsieur, j'ai peine à croire ce que certains amis m'apprennent..

Apparemment, vous Jugez, que les pieds-noirs n'ont rien connu de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1943 et vous imputez les 1880 morts d'Oran et Casablanca, de novembre 1942 dont 480 Américains, à " l’anti-gaullisme des Français d'Afrique du Nord". Ces assertions sont monstrueuses.

C’est ignorer notre psychologie; après la défaire de la France quand, sous le proconsulat de Weygand, l’Algérie se réarmait en espérant la revanche. Nous n'étions pas, nous des vaincus et des soumis. C'est oublier comment les Corps Francs d'Afrique sont partis dans le dur hiver 1942-1943 vers le front de Tunisie mal équipes mais sans attendre.

C'est nier la participation générale des pieds-noirs aux campagnes d'Italie, de Corse, de France et d'Allemagne, ou j'ai perdu bien des camarades (dont la plupart ont formé l'essentiel des petits cadres, sergents et aspirants, des régiments Indigènes), C'est même oublier que les pieds-noirs formaient la moitié de la division Leclerc et de la DFL en France, ces fameuses formations « gaullistes ». Tout cela sans objection de conscience sans crosse en l’air et sans calcul politique.


L'ironie tragique de vos déclarations est que vous devez, connaître aussi bien que moi que, hors d'une poignée de patriotes, la Résistance française a été essentiellement un gonflage politico médiatique de l'après-guerre.

Entre la soumission à l’épuration la guerre n'a duré pour 90% des Français de France que 70 jours : du 6 Juin à la libération de Paris. Ils ont laissé les Alliés et l'armée d'Afrique finir la guerre pour eux pendant qu'ils épuraient et se distribuaient les dépouilles de Vichy. Quant â nous, pauvres crétins de pieds-noirs patriotes, relisez ce que De Lattre de Tassigny écrivait à De Gaulle en décembre 1944 quand il se plaignait de « la non-participation du pays à la guerre » et la réponse de De Gaulle :

« Vous en sortirez à votre gloire » Nous étions à bout de souffle et de sang et la relève ne venait pas, mais la patrie nous en serait reconnaissante ! Elle l’est pour sûr….

Une autre ironie qui échappe à beaucoup est que la seule importance que la petite France peut avoir encore dans la vie politique du monde, elle le doit à son siège et à son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, c'est-à-dire aux combattants quelle avait pu aligner à cette époque oubliée, dont nous. La France ne méritait pas les pieds-noirs.


Andé Rossfelder
Médaille militaire
• Auteur du Onzième Commandement
Gallimard



Le 11ème commandement
"Tu seras fidèle aux tiens, surtout quand la Nation les oublie ou les diffame"




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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Lun 28 Nov - 7:08

flower 20 Idea Idea flower



Dans son livre choc, “Un silence d’État” (Soteca-Belin), l’historien Jean-Jacques Jordi dévoile des centaines d’archives interdites d’accès.

Cinquante ans après, celles-ci remettent en question la vision à sens unique propagée jusque-là sur la guerre d’Algérie.

C’est un historien réputé, plutôt classé à gauche, qui a eu la lourde tâche de “fouiller” les archives inédites de la guerre d’Al­gérie. Docteur en his­toire, enseignant, no­tamment à l’École des hautes études en sciences sociales, auteur d’une dizaine d’ouvrages et de plusieurs documentaires télévisés consacrés à ce conflit (France 2, France 3, M6), Jean-Jacques Jordi, 56 ans, n’a rien d’un “extrémiste” – d’une cause ou d’une autre.

« Mon travail est scientifique, dit-il. Je ne suis ni un juge qui décide “c’est juste ou injuste” ni un religieux qui décrète “c’est bon ou mauvais”. »

Raison pour laquelle Re­naud Bachy, président de la Mission in­terministérielle aux rapatriés, l’a ex­ceptionnellement autorisé il y a quatre ans, au nom du gouvernement, à plonger dans ces archives, normalement interdites d’accès pour une période allant de soixante à cent ans.

Centre historique des Archives nationales, Service historique de la Défense, Service central des rapatriés, Archives nationales d’outre-mer, Centre des archives contemporaines, Centre des archives diplomatiques, Comité international de la Croix-Rouge  : en tout, ce sont près de 12 000 documents administratifs classés
- “très secret”,
- “secret” et
- “secret confidentiel”

que Jean-Jacques Jordi a pu consulter et photographier. Ras­sem­blés (pour partie) dans son livre, Un si­lence d’État, dont Va­leurs ac­tuelles pu­blie des ex­traits en ex­clusivité, le résultat de son en­quête et les documents qu’il porte au­jourd’hui à la connaissance du public sont absolument stupéfiants. Pourtant spécialiste de la question, lui-même le reconnaît  :

« Jamais, confie-t-il, je n’aurais imaginé découvrir de tels faits. »

http://www.valeursactuelles.com/dossier-d039actualit%C3%A9/dossier-d039actualit%C3%A9/guerre-d%E2%80%99alg%C3%A9rie-derniers-secrets20111103.html





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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Lun 28 Nov - 7:16

Idea Idea Idea


Documents parfois terribles à l’appui, Jean-Jacques Jordi révèle une “autre” guerre d’Algérie, où les “héros de l’indépendance” – tout du moins une par­tie d’entre eux – livrent la face obscure de leurs méthodes : enlèvements, viols, tortures, actes de barbarie…

Jusqu’à ces « quarante Européens séquestrés » jus­qu’à ce que mort s’ensuive pour servir de « donneurs de sang » aux combattants FLN ! Ces faits, démontre l’ouvrage, étaient connus, et même soutenus, par les dirigeants algériens de l’époque.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, écrit-il, « il n’y eut aucune poursuite judiciaire de la part de la justice algérienne contre ceux qui s’étaient rendus coupables d’exactions ou de meurtres ».


Mais les archives secrètes n’épargnent pas non plus les autorités françaises et le rôle des “barbouzes” envoyés sur place : oui, des Français ont torturé d’autres Français ; oui, des listes de militants supposés de l’OAS ont été transmises aux insurgés ; oui, des ordres ont été donnés afin de ne pas intervenir, con­damnant à mort des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants…

Au-delà de la passivité, une véritable complicité. Comment qualifier autrement l’attitude – révélée par un rap­port – de ces gendarmes mobiles ren­dant à ses bourreaux FLN un ressortissant français « torturé à l’électricité et battu » qui était parvenu à s’enfuir et à se réfugier dans leur cantonnement ?




Ne cela ne vous rappelle-t-il pas, ce que je viens d'écrire dans le sujet "les chances pour la France"
les traîtres, les collabos et les SS momo Question



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Jeu 8 Déc - 5:34

2 Idea 11


Un film projeté sur France télévision a fait l’éloge des poseuses de bombes du FLN pendant la guerre d’Algérie et ce film a indigné non seulement les victimes françaises encore en vie de ces terroristes, de ces meurtrières, mais tout l’ensemble de la communauté Pieds-Noirs.

L’une de ces victimes, Nicole Guiraud, a cru qu’il était de son devoir de se dresser contre cette ignominie. A l’âge de dix ans elle a vu son bras se séparer de son corps et depuis 50 ans elle a vécu amputée avec la chance d’avoir survécu alors que tant d’autres enfants sont morts déchiquetés.

Nicole Guiraud a osé porter plainte. Comme elle ne pouvait pas le faire contre la France, sa Patrie, elle l’a fait contre les producteurs de ce film et contre la télévision…qui n’est nationale que de nom.


Et bien, après avoir été amputée d’un bras à dix ans, la justice française vient de l’amputer de son esprit de justice à 60 ans en la condamnant. C’est elle la coupable, coupable de s’être trouvée à 10 ans, dans une pâtisserie à Alger, alors qu’une "héroïne" posait une bombe, une ennemie de notre pays.

Aujourd’hui c’est Nicole Guiraud qui est l’ennemie de ce pays où l’on fait l’éloge, où l’on glorifie, tous ceux qui ont fait couler le sang français, et le feront couler encore…demain.



http://www.youtube.com/watch?v=e8JSY5gMDfU


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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Mar 3 Jan - 5:56

2 Suspect 12



Citation :
Mais les archives secrètes n’épargnent pas non plus les autorités françaises et le rôle des “barbouzes” envoyés sur place : oui, des Français ont torturé d’autres Français ; oui, des listes de militants supposés de l’OAS ont été transmises aux insurgés ; oui, des ordres ont été donnés afin de ne pas intervenir, con­damnant à mort des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants…



Paul Sintès et Angèle Leoni
Assassinés par les barbouzes de Lucien Bitterlin
après avoir été enlevés, torturés et Angèle violée

P201 - 205
……
Du 24 décembre au 2 janvier, la promesse de ne pas avoir recours à l'attentat fut respectée par le FLN et l'OAS.

Quant aux barbouzes, Jim Alcheik dit : « En temps de guerre, il n'y a pas plus de Jésus-Christ que de Mohamed qui tienne. La guerre c'est la guerre. »

Le 24 décembre au soir, quatre Vietnamiens enlevaient, square Bresson, Paul Sintès, le fils du patron du Café des Consulats.

Une petite pluie fine tombait sur Alger. Abrités sous leur parapluie, les pieds-noirs se pressaient aux arrêts de tramways pour rentrer chez eux fêter Noël.

Square Bresson, le square des yaouleds, Paul Sintès et sa fiancée Angèle viennent de quitter la brasserie du Tontonville où ils étaient venus souhaiter un joyeux réveillon à leur ami, le chef d'orchestre Martial Ayella. Ensemble ils avaient bu l'anisette et mangé un peu de kémia. Martial avait promis à Paul qu'après le bal qu'il animait dans la salle des étudiants, boulevard Baudin, à côté du commissariat central, il viendrait terminer la soirée au Café des Consulats.

Avant de partir, se penchant à l'oreille de son cousin, il lui dit :

« Est-ce qu'il y aura Jésus ? »

« Je pense », avait répondu Paul, puisque c'est la trêve ! Paul releva le col de sa gabardine et Angèle ouvrit son parapluie.

« Oh là ! T'es pas folle », lui dit Martial. « Jamais un parapluie ouvert, ni dans une maison ni dans un lieu public. Ça porte malheur ».

« Allez va ! Toi aussi maintenant tu es superstitieux ? »

Le couple était arrivé devant la voiture. Paul fouillait ses poches à la recherche de la clé. Une DS s'arrêta à sa hauteur ; quatre Vietnamiens, mitraillette à la main, sortirent et obligèrent Paul et Angèle à monter avec eux. Puis, la DS démarra sur les chapeaux de roues.

André Forliani venait d'arriver chez lui quand il reçut un coup de téléphone de la permanence du commissariat central. Il était cinq heures du matin. Le commissaire venait de faire la nuit, il était fatigué et n'aspirait qu'à aller dormir. Il laissa la sonnerie se répercuter dans l'appartement, bien décidé à ne pas répondre. Puis, pris d'un soudain pressentiment, il décrocha.

Excusez-moi de vous déranger, patron, c'est Sanchez de la première brigade mobile, voilà chef, je vous téléphone parce que nous venons d'avoir un télégramme de la gendarmerie de Koléa, au sujet de Paul Sintès et d'Angèle Léoni. Les gendarmes ont retrouvé leurs corps sur la plage de Castiglione. Il faut prévenir les parents et comme je sais que vous n'habitez pas loin et que vous les connaissez bien, j'ai pensé que... enfin vous comprenez monsieur le commissaire.., les petits, ils ont été plutôt malmenés. Déjà, André Forliani n’écoutait plus. Il raccrocha, en murmurant :

« Pauvres petits, pauvres gosses. »

II appela Jacques le Majeur pour lui faire part de la mauvaise nouvelle :

« II faut prévenir le père Sintès, ensuite, je passerai te chercher. Nous l'accompagnerons tous les deux à la gendarmerie de Koléa où les corps ont été transportés ».

« Mais André, je n'ai pas de laissez-passer ».

« J’en apporte un pour toi et pour le vieux Sintès

Une heure plus tard, la vieille Panhard du commissaire Forliani stoppait devant la gendarmerie de Koléa. Un brigadier de permanence, après avoir regardé les papiers du commissaire, voulut bien les laisser entrer. Il alla réveiller deux gendarmes.

« C'est un OP d'Alger, avec le père du gosse qu'on a ramené cette nuit, il faut les accompagner jusqu'à la morgue ».

M. Sintès ne sentait même plus la pluie glaciale fouetter son visage, elle se mélangeait aux larmes. Il marchait le dos courbé, soutenu par Jacques le Majeur et le commissaire Forliani. Depuis qu'ils avaient quitté Bab-el-Oued, le vieil homme n'avait pas dit un mot, il gardait sa peine pour lui seul, ne voulant la partager avec quiconque. Cette peine était la sienne.

L'hôpital se trouvait à une centaine de mètres de la gen­darmerie nationale. Le brigadier frappa à la porte des admis­sions, un employé en blouse blanche vint lui ouvrir ; les deux hommes se serrèrent la main et le brigadier lui fit part du but de cette visite.

La morgue était au bout d'un long bâtiment, leurs pas réson­naient sous la grande voûte de l'ancien monastère transformé en hôpital. Ils arrivèrent devant une porte de bois brut et entrèrent.

Une lumière jaune éclairait une salle aux murs ripolinés de blanc, une forte odeur de formol se dégageait. Du doigt, l'employé désigna deux blocs de ciment recouverts d'une toile plastifiée,

« Ils sont là » , dit-il.

André Forliani s'approcha et releva la toile. Le vieux Sintès étouffa un cri qui se répercuta dans la salle, comme celui d'une bête qui se meurt. Doucement, il posa la main sur le corps de son fils, puis il s'écroula.

Le visage de Paul Sintès était méconnaissable, la bouche n'était qu'un immense trou béant, une partie de son corps avait été dévoré par les crevettes. Ses mains n'étaient plus que deux moignons.

Jacques le Majeur, très pâle, murmura :

« Je ne le reconnais pas ».

« Vous savez, dit le gendarme, après plus de quarante-huit heures dans l'eau... » Puis il ajouta : « Les pauvres gosses, ils ont sûrement été torturés avant d'être abattus ; vous voyez, dit-il en désignant la nuque de Paul, la balle est entrée ici et elle est sortie par la bouche. Du gros calibre monsieur, et la petite, c'est pareil. Mais elle, d'après le médecin légiste, a été violée et empalée ; de plus, elle a eu les ongles arrachés et la pointe des seins coupée au rasoir... »

André Forliani signa le procès-verbal, reconnaissant qu'il s'agissait bien de Paul Sintès et d'Angèle Léoni.

Ils avaient tous deux vingt ans.

En cette fin d'année 1961, le petit peuple de Bab-el-Oued ne fêta pas la Saint-Sylvestre.

Tandis que rue Michelet, et dans les beaux quartiers d'Alger, les pieds-noirs s'accordaient quelques jours de trêve, tentaient d'oublier qu'ici il y avait la guerre, que la mort rôdait partout. Bab-el-Oued était en deuil, Bab-el-Oued pleurait Paul Sintès et Angèle Léoni.

Le jour de l'enterrement, ils étaient tous là, Jésus et ses apôtres en tête du cortège, brassard OAS autour du bras.

Sur le passage, les militaires détournaient le regard, et les policiers « locaux » faisaient de même.

Paul et Angèle furent inhumés sous la même dalle de granit blanc, surmontée d'un christ de bronze.

Et une fois de plus, après l'enterrement, le petit peuple de Bab-el-Oued cria vengeance.

Le lendemain, 1er janvier 1961, les Algérois accueillirent le dicours du général De Gaulle, qui s'adressait aux Français sur les ondes de la télévision et de la radio, par un concert de casseroles.

L'OAS avait promis aux pieds-noirs une véritable « nuit de la strounga ». Elle ne manqua pas à sa parole.

La téléspeakerine de France V, l'émetteur d'Algérie, venait à peine d'annoncer : « Monsieur le président de la République, le général De Gaulle s'adresse aux Français », que la première explosion de plastic retentit dans la ville.

Puis, pendant plus d'une heure, tout Alger fut illuminé, comme pour un 14 Juillet, par les explosions.

Chemin Raynaud, au golf, Lucien Bitterlin était venu présenter ses vœux de bonne année à ses amis.

…………

Camille Gilles
Né à Alger en 1931
JÉSUS ET CES APOTRES
Editions JUILLIARD
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Albaroc



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Dim 8 Jan - 15:27

Question


Je me dis que le "Cinquantenaire" permettra d'en savoir un peu plus sur les pieds-noirs, cette ethnie bien particulière en voie de disparition, longtemps rejetée ou ignorée par la France "hexagonale".
Europe I propose quelques émissions sur le sujet :





Elles seront mises inévitablement mises en parallèle avec les sempiternelles injonctions à la...REPENTANCE !


COLONS ? 95,5% des français d'Algérie ne l'ont pas été.

-Message d'origine-----

Objet :
A propos du colonialisme




Réponse excellente à un nommé Egomis qui avait écrit que la France
devait demander pardon à l'Algérie pour 132 ans de colonialisme

Monsieur Egomis

La France devrait, selon vos dires « ... commencer d'abord par
reconnaitre et faire repentance pour ces crimes et enfumages qu'elle a
perpétrés en Algérie » ! ! !

Connaissez-vous vraiment le sujet ?

Votre propos ressemble, à s'y méprendre, à ceux tenus par un « fruit des
urnes » des primaires socialistes, selon lequel il serait temps, je le
cite : « que la France présente ses excuses pour les 132 ans de
colonialisme en Algérie ! ! ! »

Ce monsieur, pur produit formaté dans l'une des fermes modèles de la
fonction publique, .. qui avoue ne jamais lire un livre, et donc à
fortiori un livre d'histoire, .. n'aura rien de plus urgent à faire
après son hypothétique accession à la présidence de la république
française, que d'aller humilier notre pays en allant s'agenouiller
devant un homme, .. que Pierre Messmer accusa d'avoir planifié en 1962
le massacre des harkis, .. pour lui demander pardon ! ..

PARDON DE QUOI, .. ?

Pardon d'avoir débarqué en 1830 à Sidi-Ferruch pour chasser le
colonisateur ottoman qui affamait depuis plusieurs siècles les ancêtres
du mafieux président algérien devant lequel il envisage de se
prosterner, pillant leurs maigres biens et les réduisant à la famine et
à la maladie ?

Pardon d'avoir libéré les esclaves chrétiens européens, ravis sur les
bateaux croisant en Méditerranée, entassés dans des bouges pour
satisfaire les bas plaisirs des potentats locaux ?

Pardon d'avoir défriché, drainé, asséché et fertilisé un sol à l'abandon
depuis des siècles et d'avoir perdu à l'époque 106 « colons » sur 450,
morts de maladie en Mitidja ?
Pardon d'avoir construit des villes modernes là où il n'y avait rien ?
Pardon d'avoir créé une agriculture prospère et exportatrice, alors
qu'aujourd'hui l'Algérie doit importer des produits de la terre ?

Pardon d'avoir créé une industrie métallurgique là où il ne se trouvait
que des cailloux ?

Pardon d'avoir construit 12 grands barrages ?
Pardon d'avoir implanté un immense réseau de postes et de
télécommunication ? .. d'avoir développé l'hôtellerie et le tourisme ?.. d'avoir créé une industrie chimique, développé le gaz et l'électricité ?
Pardon d'avoir installé un réseau ferroviaire considérable et 54000
kilomètres de routes (non compris les pistes) ?

Pardon d'avoir construit 23 ports, 34 phares, 23 aéroports, .. ?

Pardon d'avoir livré des gisements de gaz et de pétrole, installations
d'exploitation comprises, à un pays qui ne s'était jusque là jamais
intéressé au Sahara ?
Pardon d'avoir apporté aussi la médecine, les nombreux dispensaires et
hôpitaux et d'avoir permis à 2 millions d'autochtones qu'ils étaient en
1872 d'avoir 9 millions de descendants en 1962 ? .. d'avoir éradiqué la
peste, le choléra, la variole, le typhus et bien d'autres joyeusetés du> même acabit ?

Pardon d'avoir apporté l'enseignement ? .. ce qui fit dire à Belkacem
Ibazizen, fils d'un instituteur kabyle : « La scolarisation française a
fait faire aux Arabes un bon de mille ans ! » ?

ET PUIS QUOI ENCORE ?

Sur un million de Pieds Noirs, 20000 seulement étaient des « colons »
dont 40% exploitaient moins de 10 hectares. Les 12000 autres (45000 en
comptant leurs familles) ne représentaient que 4,5% du total de la
population Pied Noir ! .. Les 95,5% restants étaient des ouvriers, des
employés, des techniciens, des fonctionnaires, des commerçants, souvent
bien moins payés qu'en métropole !
Si le prétendant socialiste à la magistrature suprême lisait autre chose
que des fiches résumées, .. comme par exemple les livres de l'écrivain
algérien Boualem Sansal, il pourrait, tout comme vous, découvrir qu'il a
écrit :
« En un siècle, à force de bras, les colons ont, d'un marécage infernal,
mitonné un paradis lumineux. Seul l'amour pouvait oser pareil défi, .
Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que
ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous, qui sommes ses
enfants. »
C'est également lui qui écrivait déjà avec lucidité :

« Trente ans après l'indépendance, nous voilà ruinés, avec plus de
nostalgiques que le pays comptait d'habitants et plus de rapetoux qu'il
n'abritait de colons. Beaucoup d'Algériens regrettent le départ des
Pieds Noirs. S'ils étaient restés, nous aurions peut-être évité cette> > tragédie. »
Il rejoint en cela la journaliste Malika Boussouf qui écrit également :

« Si les Pieds Noirs n'étaient pas partis en masse, l'Algérie ne serait
peut-être pas dans l'état désastreux dans lequel elle se trouve. »

Dans les fiches résumées du prétendant, lui en a-t-on seulement glissé
une qui lui aurait permis d'apprendre par exemple, au hasard, que :

- Ferhat Abbas, président de la république algérienne, du temps du
G.P.R.A., avait reconnu :

La France n'a pas colonisé l'Algérie. ELLE L'A FONDÉE. »

- C'est le 14 octobre 1839, et par décision du ministre de la guerre,
que le nom ''Algérie'' fut attribué pour la première fois à cette partie
de l'Afrique du Nord. Il n'y a jamais eu auparavant dans l'Histoire de
pays ainsi nommé !

Et pour en terminer après cela, qui a dit, cher monsieur Egomis :

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai! Il faut dire
ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des
races inférieures parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont un
devoir de civiliser les races inférieures. »
Vous donnez votre langue au chat monsieur Egomis ? .. c'est l'aïeul
spirituel du prétendant, .. Jules Ferry, .. au cours d'un discours tenu
devant les députés le 28 juillet 1885, discours transcrit au Journal
Officiel.

Quels furent les apôtres de l'extension aux « peuples inférieurs » des
bienfaits civilisateurs de la France républicaine ? Réponse .... Victor
Hugo, Gambetta, Jaurès.
Alors, monsieur Egomis, je vous repose la question : .. PARDON DE QUOI ?
Ah oui ! .. des crimes !

Là encore, êtes-vous bien sûr de savoir de quoi vous parlez ?

Vous souvient-il de la façon dont débuta la « guerre d'Algérie » le 1er
novembre 1954 ? .. par l'assassinat d'un instituteur, Guy Monnerot, dans
les gorges de Tighanimine dans les Aurès. C'est glorieux n'est-ce pas ?

Ceux qui prirent la décision de déclencher ce conflit prirent alors
TROIS INITIATIVES :

- celle du choix du moment .. un jour de fête religieuse chrétienne,

- Celle du choix du théâtre d'action : l'ensemble du territoire des
trois DÉPARTEMENTS de notre province algérienne.
- Celle du choix des MOYENS ! .. ces gens là choisirent LE TERRORISME,
l'ÉGORGEMENT, LES ATTENTATS AVEUGLES, LE PLASTICAGE LÂCHE, LE CRIME
GRATUIT, L'ÉMUSCULATION, L'ÉNUCLÉATION, .. etc !

Ils n'épargnèrent d'ailleurs pas les peuplades musulmanes fidèles à la
France. Elles constituaient d'ailleurs LA MAJORITÉ DES AUTOCHTONES !

- En février 1956, qui choisit finalement la voie de la recherche
d'une victoire militaire en Algérie ? Réponse ..... le président du
conseil socialiste Guy Mollet.

- Qui donna les pleins pouvoirs au général Massu en janvier 1957, pour
mener et gagner la bataille d'Alger ? Réponse .... le gouverneur général
socialiste Robert Lacoste.

Nous les avons combattus, en leur empruntant parfois leurs propres
méthodes [seul moyen de se faire respecter par cette engeance], .. MAIS
SANS JAMAIS LES ÉGALER ! .. Ils furent néanmoins militairement vaincus
sur le terrain.

Si De Gaulle n'avait pas été aussi pressé de jeter l'Algérie aux orties
en l'abandonnant aux assassins sans foi ni loi du FLN, dépourvus de
toute légitimité ainsi que de toute éthique politique et morale,
l'indépendance aurait pu s'envisager sous de meilleurs auspices.
Beaucoup d'officiers français préparaient les conditions d'un transfert
de souveraineté plus serein et plus acceptable pour tout le monde, ..
SURTOUT POUR LES ALGÉRIENS ET POUR LES PIEDS NOIRS ! ..

On sait ce qu'il en fut !

Le FLN ne respecta pas les accords d'Évian. Il « génocida » les harkis,
les moghaznis, les tirailleurs ainsi que bon nombre d'Européens qui
eurent la faiblesse de croire en leur humanité.

Alors que l'ensemble de la classe politique française cesse de se
balader avec sa repentance ridicule en bandoulière, avec des états d'âne*
qui n'ont pas lieu d'être !

LA France N'A ABSOLUMENT RIEN A SE FAIRE PARDONNER ! .. RIEN !

* non, ce n'est pas une faute d'orthographe



bom bom bom bom bom


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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Mer 29 Fév - 5:33

2 12



1 Mars 1962… Mers El-Kébir


L’assassinat de la famille ORTEGA


Le printemps était revenu, avec ses éveils de sève, les gouttelettes vertes et les blanches éclosions des fleurs au bout des branches.

C’était le retour des papillons, des oiseaux, de la vie. Tout reverdissait comme par enchantement; les mimosas, fleuris à profusion, ressemblaient à d’énormes bouquets dans lesquels les colibris chantaient de leur toute petite voix douce, pareille à la voix des hirondelles qui jaseraient en sourdine. Et la nature s’était tant hâtée d’enfanter tout cela, qu’en huit jours elle avait tout donné…


Pourquoi tant de hâte ? Savait-elle alors que c’était là son dernier printemps ?…
Voulait-elle offrir une ultime vision de Paradis à ceux pour qui le glas allait sonner ?


Le 1er mars 1962, tombait un jeudi. Il faisait le temps même de la vie, le temps qu’on imagine pour le Paradis. Un air doux et léger, un ciel aux profondeurs bleues à qui le soleil réservait sa plus fastueuse débauche de lumière, une senteur subtile de jardin laissait supposer une journée radieuse…

Il était 14h30, un groupe de Musulmans fit irruption dans la conciergerie du stade de La Marsa, à Mers El-Kébir, tout près de la base militaire. Dans une véritable crise de folie meurtrière collective, ces hommes s’emparèrent de la gardienne, une européenne de trente ans, Mme Josette Ortéga et, sans la moindre raison, à coups de hache, la massacrèrent. Couverte de plaies affreuses, dans un ultime effort, elle tenta de s’interposer entre les bourreaux déchaînés et son petit garçon, mais en vain. Les tortionnaires déments frappèrent encore sous les yeux horrifiés du petit André, quatre ans, puis quand il ne resta plus qu’une loque sanguinolente, ils se saisirent de l’enfant et lui broyèrent le crâne contre le mur.

Alors que, leur forfait accompli, ils s’apprêtaient à partir, ils aperçurent la fillette, Sylvette, cinq ans, qui venait du jardin, les bras chargés de fleurs. Aussitôt l’un des hommes se jeta sur elle, la roua de coups puis, la saisissant par les pieds, lui fracassa la tête contre la muraille.

Quand M. Jean Ortéga, employé à la direction des constructions navales, franchit la grille du stade, le silence qui régnait le fit frissonner. D’ordinaire, ses enfants accouraient, les bras tendus dans un geste d’amour. Une angoisse indéfinissable le submergea. Il approcha lentement, regarda autour de lui… puis, là, dans la cour, un petit corps désarticulé tenant encore dans ses mains crispées des géraniums, la tête réduite en bouillie, une large flaque de sang noirâtre tout autour.

L’univers qui tourne comme une toupie : rouge, noir, blanc ; parler… crier… non… rien : l’effondrement enfin, salutaire, libérateur, mort et vie à la fois : le hurlement. Il se précipita, se figea devant le corps de son enfant, les yeux fixes, la bouche ouverte, semblant avoir été atteint par une soudaine paralysie. Puis son regard se porta à l’entrée de la maison… une mare de sang, un corps gisant, disloqué, mutilé par d’horribles blessures et près de lui, une petite forme qui n’avait plus de visage humain. Ce fut l’écroulement, la folie, la fin du monde…

… Ce sont là des mots qui pleurent et des larmes qui parlent…

Comme on pouvait s’y attendre, la funeste nouvelle se répandit comme un éclair. Le nom des victimes courut sur toutes les bouches ; les commentaires, les controverses violentes, les supplications lamentables, les récits décousus, les vociférations se fondèrent en une rumeur profonde d’ouragan prêt à se déchaîner.

Les Kébiriens étaient anéantis. La famille Ortéga était connue et aimée de tous. Les supporters du club de football « La Marsa » la côtoyait chaque dimanche. Après le choc, ce fut la révolte… Comment demeurer impassible après une telle monstruosité ? Comment prêcher la modération à un père qui découvre pareille horreur ? Quelles paroles de consolation pourrait-on lui apporter ? La lutte pour l’indépendance de son pays justifie-t-elle de semblables abominations ?

Et la rumeur s’amplifia… et le tonnerre gronda…
Ils sont morts ? Comment sont-ils morts ? Qui a fait cela…

Il y avait dans ces questions un frémissement de colères, un foisonnement de fureurs, une tempête encore contenue de vengeances. L’amour patiemment cultivé depuis des générations s’était subitement transformé en une haine qui bouillonnait dans toutes les âmes.

Les opinions s’échauffaient, s’exaspéraient, s’entrechoquaient et l’esprit de vengeance se réveilla en cette population assommée et exacerbée par tant d’années de terrorisme sordide. Sous les rougeurs tragiques du crépuscule, la cohue houleuse prit l’apparence d’une horde de sauvages mutinés. L’unique pensée qui talonnait tous ces gens, la pensée soudaine qui avait traversé tous les esprits comme un éclair, c’était d’empoigner le premier arabe venu pour frapper.

Sur la grande clarté fauve du soleil déclinant, une sorte de fatalité pesait sur toutes les consciences… et le tragique enchaînement de la violence se perpétua aux confins de la folie.

Si l’on ne pouvait excuser tout à fait ce talion, on pouvait, tout au moins, essayer de le comprendre. Voilà sept années que l’on massacrait en Algérie, que l’on mutilait, que l’on violait et que l’on pillait. Aujourd’hui, les Européens répliquaient et versaient dans le désespoir. Voilà les causes des «ratonnades» et de la vengeance ! Voilà la raison de la création de l’OAS !

Si la France avait été vraiment à la hauteur de sa justice, elle n’aurait pas permis qu’un condamné à mort comme M. Chadli, avec cent-treize attentats sur la conscience, soit jugé le mardi et «évadé» le vendredi… Comment dans ce cas ne pas faire justice soit-même ?

Comme de coutume, la presse métropolitaine –hormis le journal « L’Aurore »- se garda bien d’évoquer dans le détail l’assassinat de la famille Ortéga. A l’inverse, elle se déchaîna contre cette « nouvelle ratonnade » en indiquant que « les tueurs nazis de l’OAS se livraient au racket et au massacre sur les Musulmans et les « patriotes » gaullistes ! »

Ainsi ces vertueux journalistes au « coeur sur la main » oubliaient la terreur qu’imposait quotidiennement le FLN ; ils ne se souvenaient plus des charniers de Melouza et d’El-Halia, des soldats français torturés et dépecés encore vivants dans les gorges de Palestro, des bombes du stade d’El-Biar et du casino de la Corniche ; ils ne prêtaient aucune attention aux grenades qui explosaient chaque jour dans les écoles, les cafés, les arrêts d’autobus et qui déchiquetaient les jeunes enfants ; ils feignaient d’ignorer les enlèvements, les égorgements et les viols qui se multipliaient, mais ils stigmatisaient le « drame des ratonnades» qu’un journaliste, Yves Lavoquer, avait, sans gêne aucune, comparé aux «pogroms de la Russie tsariste et aux massacres nazis».

«Ce n’est pas de tuer l’innocent comme innocent qui perd la société, c’est de le tuer comme coupable» écrivait Chateaubriand.

Ces atrocités ne révoltaient donc pas les consciences contre les criminels… mais contre les victimes. Ces milliers d’innocents versés dans la mort servaient à apitoyer le monde sur le sort des bourreaux. Le réflexe n’était pas l’indignation devant la sauvagerie du crime… mais la compassion envers les assassins à qui l’on trouvait toujours une excuse à « leur acte désespéré». Et si les survivants excédés ou terrorisés prenaient les armes pour sauver leur vie, dans un geste de défense aussi vieux que les âges, ils soulevaient contre eux l’unanimité des censeurs.

Un poète persan a écrit : «Si la douleur, comme le feu, produisait de la fumée, le monde entier en serait obscurci».
Il y avait tellement de fumée en Algérie, en ce terrible mois de mars 1962, qu’on ne voyait plus clair et qu’on étouffait…

José CASTANO



"Aucune cause ne justifie la mort de l'innocent. Si je peux comprendre le combattant d'une libération, je n'ai que dégoût devant le tueur d'enfants".
Albert Camus



"Prends garde de ne point oublier ce que tes yeux ont vu et tu les enseigneras à tes enfants et petits enfants"
ancien Testament



Barbarie du FLN sur la famille ORTEGA -Ame sensible s'abstenir

http://guerredalgerie.pagesperso-orange.fr/Barbarie.htm


Pauline
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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Ven 29 Juin - 5:34

2 affraid 12

Les Disparus

L'historien Jean-Jacques Jordy est interviewé par Vincent Roux dans le cadre de la programmation spéciale Guerre Algérie proposée par Histoire du dimanche 27 mai au vendredi 1er juin.

EDIFIANT


http://www.histoire.fr/histoire/videos/emissions-speciales/0,,7329123-VU5WX0lEIDQ5Ng==,00-les-disparus-.html

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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Jeu 5 Juil - 3:05

flower affraid flower



http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/guerre-d-algerie/video/2434021001004/massacres-pieds-noirs-et-harki-en-1962.fr.html

http://www.dailymotion.com/video/x9arsl_5-juillet-2008-paris-quai-branly_webcam 5 juillet

http://www.tenes.info/galerie/5JUILLET1962B


I love you I love you I love you
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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   Jeu 13 Déc - 5:57

2 santa 12


Les crimes et les exactions du FLN après le 19 mars 1962, date obtenue comme fête de la victoire Franco-FLN cheers



http://www.youtube.com/watch?v=8t3BR6k3vNQ&feature=share


Idea



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MessageSujet: Re: LA MEMOIRE QUI SAIGNE   

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