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 UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...

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SantoniA

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MessageSujet: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Mer 5 Jan - 4:49

sunny sunny sunny


Le 24 décembre 1951, un mannequin du Père Noël avait été brûlé sur le parvis de la cathédrale de Dijon.

"Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon… et brûlé publiquement sur le parvis".


Cette exécution spectaculaire s'est déroulée en présence de plusieurs centaines d'enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l'accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et héré­tique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s'y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s'être introduit dans toutes les écoles publiques d'où la crèche est scrupuleuse­ment bannie.


Dimanche à trois heures de l'après-midi, le malheureux bonhomme à barbe blanche a payé comme beaucoup d'inno­cents d'une faute dont s'étaient rendus coupables ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s'est évanoui dans la fumée. -FRANCE SOIR-


Quelle mouche avait piqué l'Eglise Question

A la vérité, le personnage du Père Noël et les traditions autour de lui étaient depuis longtemps très embarrassantes pour l'Eglise. Comme pour bien d'autres fêtes paiennes de l'Antiquité et pour bien des lieux de culte, l'Eglise du début du christianisme avait utilisé une stratégie de substitution qui consistait à remplacer fêtes romaines par des fêtes chrétiennes, et des temples romains par des églises.

Ainsi, la date de la Nativité avait été fixée au 25 décembre pour que la naissance du Christ remplace les très importantes fêtes païennes qui se déroulaient à la fin du mois de décembre. Ces fêtes païennes célébraient le solstice d'hiver et la renaissance de la nature. On retrouve dans ces fêtes païennes du solstice bien des aspects des rites de Noël : décoration avec des plantes vertes (et le sapin n'est-il pas un végétal qui reste vert toute l'année ?), échanges de cadeaux, repas de fête dans la joie, fraternisation ente riches et pauvres...

L'esprit de Noël, avant d'être chrétien, est largement païen. Or dans la France des années 50, la célébration de Noël prend une envergure insoupçonnée qui préfigure déjà ce qu'est devenu Noël: une fête commerciale.

D'après Claude Lévi-Strauss :
"La croyance où nous gardons nos enfants que leurs jouets viennent de l'au-delà apporte un alibi au secret mouvement qui nous incite, en fait, à les offrir à l'au-delà sous prétexte de les donner aux enfants. Les cadeaux de Noël restent un sacrifice véritable à la douceur de vivre, laquelle consiste d'abord à ne pas mourir".

Les cadeaux seraient donc une prière adressée aux petits enfants - incarnation traditionnelle des morts -pour qu'ils consentent, en croyant au Père Noël, "à nous aider à croire en la vie".

Grâce à l'autodafé de Dijon, voici donc le héros reconstitué avec tous ses caractères, et ce n'est pas le moindre paradoxe de cette singulière affaire qu'en voulant mettre fin au Père Noël, les ecclésiastiques dijonnais n'aient fait que restaurer dans sa plénitu­de, après une éclipse de quelques millé­naires, une figure rituelle dont ils se sont ainsi chargés, sous prétexte de la détruire, de prouver eux-mêmes la pérennité.




PAUINE
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SantoniA

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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Lun 17 Jan - 5:58

flower flower flower


Une jolie histoire d'amour.

Dans un zoo californien, une tigresse a donné naissance à 3 petits.
Malheureusement, à cause de complications liées à la grossesse,les tigrous sont morts peu après leur venue au monde.

La mère qui s'était bien remise de son accouchement a soudainement commencé à aller plus mal, bien que les vétérinaires la trouve physiquement en bonne santé. Ils ont diagnostiqué une dépression liée à la perte de ses petits et se sont dit qu'ils devaient trouver des bébés tigres orphelins pour améliorer son état.

Après avoir vérifié dans tous les états à travers le pays, il s'est avéré qu'aucun bébé tigre ne pourrait être placé auprès de la mère en deuil.

Les vétérinaires ont alors essayé quelque chose que personne n'avait jamais tenté auparavant dans le cadre d'un zoo.

Il arrive que parfois une mère d'une espèce prenne soin des petits d'une autre espèce. Les seuls bébés disponibles rapidement étaient des porcelets sevrés.

Les employés du zoo et les vétérinaires ont déguisés les porcelets avec des peaux de tigre et placés ceux-là autour de la maman tigre, se demandant s'ils allaient être acceptés ou se transformer en côte de porc Question

Regardez... vous n'allez pas en croire vos yeux Exclamation




Maintenant, dites-moi pourquoi le reste du monde n'arrive pas à vivre en harmonie Question


comme ces deux ci-dessous Wink





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SantoniA

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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Jeu 3 Fév - 3:37

sunny sunny sunny



LA CLEMENTINE


La clémentine est née en Algérie autour de 1920, et elle doit son nom au directeur d'un orphelinat de la région d'Oran, le père Clément, qui aurait eu l'idée de croiser un mandarinier avec une orange douce. Le fruit ainsi créé étant un hybride dont la multiplication est obtenue par greffage, cela explique que la clémentine soit presque dépourvue de pépins.

Le père clément s'appelait Vincent Rodier, c'était un jeune religieux venu rejoindre son oncle en Algérie. En entrant dans les ordres, Vincent avait pris le nom de frère Clément.

Il arriva à l'orphelinat des sœurs trinitaires de Misserghin à quelques kilomètres d'Oran qui avait ouvert ses portes en 1849.

Appelée d'abord la mandarine du frère Clément, on donna le nom de Clémentine.
L'idée de ce jésuite était brillante, car la clémentine supplante dorénavant la mandarine en popularité du fait qu'elle est plus facile à peler, moins acide et que sa chair dépourvue de pépins en fait une favorite des collations d'écoliers.

Elle est principalement cultivée au Maroc, en Algérie et en Espagne. La Corse a aussi sa production, et elle a même une section réservée à la culture de différentes variétés à son Institut de recherches agronomiques.


Les clémentines apparaissent habituellement sur le marché vers le mois de décembre la saison s’achève au mois de février.

Elles donnent un sentiment de bonheur pendant le souffle cruel de l'hiver. C'est absolument un pur plaisir de manger des clémentines en cette saison. bounce







LA CLEMENTINE


Une perle de rosée
S'était un matin déposée
Sur une fleur d'oranger
Porteuse d'un doux message
Pour un futur mariage

Au foyer d'un beau verger
C'était à "Misserghin"
Ou vivait la Mandarine
Qui voulait bien se marier
Elle rêvait d'être Tsarine

Mais, était la consanguine
D'un amer Bigaradier
Ils ont échangé Pollen
Susurrer des p'tits poèmes
Au cœur d'une orangeraie

La "Sebkha" buvait soleil
La brise, l'iode et le sel
Aux miroirs du grand marais
Au climat de cet Eden
Ils se sont promis l'Hymen

Résultat : nul et sans effet.
Ils allaient conter tourment
Auprès de l'Abbé Clément
Le priant de les greffer.

Le père applique sa science
Mêlant pollen, pistil, patience
Avec foi bénédictine
C'est ainsi qu'en 1902
Naissait joli fruit juteux
Baptisé "CLEMENTINE"
Carillonné à la ronde
Elle faisait le tour du monde
Sans pépin "LA CLEMENTINE"
* Suanez Sylvestre



PAU INE

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SantoniA

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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Ven 9 Sep - 6:20

flower I love you flower



Ma grand-mère m'a toujours contées de jolies histoires quand j'étais


LA PETITE MARCHANDE D' AMULETTES


Enniya portait, enfilé autour de son petit bras, l'écheveau des ficelles auxquelles pendaient les amulettes. Enniya était marchande d'amulettes, ces petits sachets porte-bonheur de papiers multicolores que l'on porte en pendentifs et qui contiennent des médecines variées :
poudre, racine, pierre, résine ou gomme, destinées à tout prévenir, tout guérir.

Depuis des jours, Enniya proposait ses amulettes aux touristes qui débarquaient par charters entiers dans la grande ville du sud.


"Amulettes Madame ! Porte-bonheur Monsieur ! Garanti l'argent, l'amour !"


Mais aucun touriste ne lui achetait ses médaillons de papier. Enniya n'était pour eux qu'un petit tas de guenilles sales aux grands yeux noirs mangés de fièvre, mais si cocasse avec ses petits pendentifs aux couleurs vives pendus à son bras et qui ferait une si belle photo souvenir.

La fillette n'avait pas mangé depuis plusieurs jours. Elle avait bu, régulièrement, un peu d'eau à la fontaine carrelée de faïence bleue et n'osait pas rentrer chez son père avant d'avoir vendu sa marchandise, par crainte d'être battue.

Depuis la mort de sa grand-mère, la vieille Aïcha, personne ne s'occupait plus de la fillette. Aïcha avait été sa seule amie et cette amie manquait beaucoup à la petite fille qui l'appelait doucement et lui demandait de venir la chercher pour lui raconter, comme naguère, ses histoires préférées.

En ce temps-là Aïcha la prenait sur ses genoux et la berçait doucement en modulant ses vieilles mélopées, ou lui contait les histoires des jnouns facétieux, de Joha le naïf.

Mais la vieille Aïcha n'était plus là pour prendre soin de la petite Enniya qui était seule dans la chaleur caniculaire de l'été. Elle rasait les murs à la recherche d'un peu d'ombre, mais la chaleur sourdait des murs eux-mêmes. Enniya trouva un coin ombreux contre le mur d'un grand hôtel ocre, à l'architecture de kasbah, entouré de palmiers. Elle s'asssit à même le sol, s'adossa au mur et ferma les yeux. Toute force l'avait quittée.

Son paquet d'amulettes posé à son côté dans le sable brûlant, la petite marchande joua à les assortir par couleurs. Elle savait ce que chacune contenait de bonheur et était si lasse que la tentation d'en utiliser une, rien qu'une, fut la plus forte.

L'enfant passa sa tête brune dans la ficelle et l'amulette bleu clair se balança sur sa poitrine. C'était celle qui rafraîchit et étanche la soif. Aussitôt le mur de l'hôtel devint transparent et Enniya se trouva au bord de la piscine à l'eau bleutée, enchâssée dans un écrin de bougainvilliers mauves. Des touristes, ceux-là mêmes qui la photographiaient chaque jour, y nageaient en riant. La fillette s'assit timidement sur le bord et plongea dans l'eau transparente ses pauvres pieds crevassés par le sol brûlant. Elle s'enhardit à arroser ses jambes bronzées, ses bras, son visage et ses épaules.

L'enfant se sentit peu à peu revivre et, comme l'effet de la première amulette allait cesser, vite elle en prit une seconde et la suspendit à son cou, puis une autre et une autre encore, et toutes ses amulettes bleues jusqu'à la dernière. Enniya se sentait bien, n'avait plus mal à ses petits pieds et appréciait la fraîcheur du lieu. Mais la faim la tenaillait. Alors elle choisit l'amulette couleur de corail, celle qui calme la faim, et noua la ficelle sur sa nuque frêle.

Instantanément, une des tables dressées au bord de la piscine se couvrit des mets les plus riches, les plus variés : plantureux couscous fumant dans leurs plats de céramique bleue ou verte, tajines au parfum de cannelle dans leurs terres vernissées, poulets safranés sur leurs lits de citrons confits, rondes kesras piquetées d'anis, cornes de gazelles enfarinées de sucre fin, pâtisseries ruisselantes de miel, côtoyant le soleil des oranges, la transparence d'ambre clair des dattes, le pourpre des figues noires éclatées, l'incarnat des tranches de pastèques rehaussé de leurs noirs pépins, le rubis des grenades juteuses.

Enniya n'avait jamais vu autant de nourriture, humé de si appétissants fumets. Elle dévorait et riait en même temps. Elle enfila toutes ses amulettes coralines afin que dure le festin. Et le festin dura le temps du sortilège.

Mais peu à peu le mur de l'hôtel redevint opaque, la petite fille se retrouva assise dans la poussière blonde, adossée au mur ocre. Dans le sable, il ne restait plus qu'une amulette, celle de couleur verte qui permet de rejoindre ceux que l'on aime où qu'ils se trouvent si on le désire très fort.

Doucement Enniya ajoute l'ultime collier à ses pendentifs en appelant sa grand-mère. Et la vieille Aïcha lui apparut, qui lui tendait les bras. Riant de toutes ses belles dents, si blanches dans son visage brun, la fillette courut vers Aïcha. Aïcha prit dans sa grande main, si douce, la menotte de la petite Enniya et, lui racontant les belles histoires d'autrefois, elle l'emporta à jamais sur les chemins du rêve ces chemins où nul ne connaît plus jamais la soif ni la faim.

flower Conte berbère flower
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SantoniA

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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Lun 26 Sep - 5:29

flower Pour vous remercier Chère Larissah flower


Je vous conte une légende sur LA CASSEROLE DE GUILLAUME TELL - vers 1310


Ce héros de l’indépendance Suisse a vécu dans le canton d’Uri. A la fin du XIIIe siècle, alors que la Suisse dépendait du Saint Empire romain germanique, il y a avait dans un bourg du canton d’Uri un représentant de l’empereur, le bailli Hermann Gessler, qui terrorisait la population.

Un jour, il exigeât que tous les habitants saluent son chapeau hissé sur la place publique d’Altdorf.
Toute la population obéit sauf un homme, un montagnard. Un matin, il passa devant le chapeau, son arbalète à la main, accompagné de son fils de 10 ans, sans se découvrir.

Hermann Gessler le défia de tirer à l’arbalète dans une pomme posée sur la tête de son fils. On imagine l’atroce pression sur les épaules d’un homme, qui ne sait pas encore qu’il sera un héros. Sur ce point les spécialistes pommologues et arbalètriers convergent : personne ne peut supporter ce supplice, et encore moins donc relever un tel défi. Pourtant, Tell réussira à la stupeur de tous.

Son tir magistral n’est pourtant pas le fruit du hasard : depuis longtemps, Guillaume, conquérant, se moquait de l’autorité, et connaissant la punition favorite de Gessler -le coup de la pomme-, il s’entraînait sans relâche sur une casserole, les pommes n’étant pas de saison - et puis les casseroles, ça tient mieux sur la tête, alors que la pomme roule.

Ainsi entraîné, il n’a vu dans son fils que la pâle copie de son magnifique mannequin d’entraînement et ne s’en est pas plus ému.

Devant la foule amassée, il visa longuement et tira. La flèche siffla et traversa la pomme sans la faire tomber.
Il pointa alors son arbalète sur le bailli et le tua d’une flèche en plein cœur.
La mort du bailli déclencha un soulèvement des cantons contre l’Autriche. Une ligue se forma qui fut à l’origine de la Confédération helvétique.

Cette casserole d’essais, trouée de toute part par les flèches de Guillaume Tell, entra dans la légende par son fils, qu'il envoya en Italie. Et c’est Léonard de Vinci lui-même qui la ramena en France, à Amboise, en 1516. Ignorant l’origine de cette casserole, il s’en servait – hérésie ! – de passoire pour ses pâtes quotidiennes.



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SantoniA

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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Jeu 29 Déc - 5:31

flower Idea flower


«Aurélie, place la dernière guirlande devant mais fais-y très attention.»

L’enfant sortit de son coffret en bois, avec la plus grande précaution, la rangée de pères Noël en porcelaine, et s’avança vers le sapin. La grand-mère ressentait tous les ans, à ce moment précis, la même émotion. Elle se souvenait de la première fois que son grand-père lui avait confié cette tâche, comme une grande marque de confiance, et de la fierté ressentie.

Le grand-père était mort au front parmi des milliers d’autres du village et des villages autour. La guirlande ancienne n’en avait pris que plus d’importance. Enfin son propre père mourut peu après son retour de captivité dans la guerre suivante. Il eut toutefois le temps de passer un Noël en France et de voir en famille le sapin et sa guirlande réunir la famille.

Bien peu de cadeaux, quelques chants de Noël, mais ce bonheur intense de voir cet éclat dans les yeux des enfants que provoque un arbre illuminé. La guirlande continuait, d’année en année à rappeler les Noëls d’antan, les souffrances passées, les disparus de la famille, et à illuminer les yeux et cœurs des enfants de cette famille française. D’autres familles en France et dans le monde ressentaient au même instant cette même impression de bonheur et de paix ; les époques passaient, avec leur lot de peines et d’évènements, leurs améliorations parfois aussi, mais Noël restait, même dans les années les plus dures. Son père avait un jour évoqué un Noël lorsqu’il était prisonnier en Allemagne, où malgré souffrances et privations, chacun s’était senti meilleur, plus proche des autres.

Croyants ou pas, tous avaient vécu la magie de Noël, celle qui transforme le cœur de chacun en cœur d’enfant. Avait suivi une période de relative prospérité, et repas et cadeaux avaient pris de l’ampleur. On voyait maintenant des sapins décorés partout en ville. Son mari travaillait dans une entreprise importante, et le comité d’entreprise y organisait tous les ans un arbre de Noël, où les enfants des salariés, après un spectacle, recevaient jouets et friandises des mains d’un impressionnant père Noël. La première fois, Aurélie terrorisée, avait pleuré à la vue de ce gigantesque personnage de rouge vêtu et à la barbe blanche si loin par la taille, des figurines en porcelaine qui composaient la guirlande de son grand-père. Elle en avait ri elle-même par la suite. Les Noëls d’entreprise des années suivantes se succédèrent, jusqu’à la fermeture de l’usine.

L’école aussi dressait tous les ans un sapin, et les enfants s’évertuaient pendant des heures à préparer eux-mêmes des ornements, à découper des figurines, à peindre des étoiles. Une nouvelle maîtresse, venue de la ville, décida que les heures de travaux manuels ne devaient pas être consacrées à cette décoration. Chacun apporterait de chez lui boules, guirlandes, clinquant que l’on trouvait à bas prix dans toute grande surface. On consacrerait une heure ou deux à l’orner, mais pas davantage. Les enfants furent déçus, mais leurs parents comprirent que travail et apprentissage devaient primer sur la fête, et ne s’émurent point de cette restriction. La maîtresse semblait consciencieuse il ne fallait pas diminuer son ardeur.

Pourtant, les travaux manuels continuaient à prendre une part importante dans les horaires scolaires. Tous les artisanats du monde, et la confection notamment d’objets et de dessins ayant pour thème l’Afrique occupèrent une bonne partie du trimestre. Comme on l’expliqua aux parents, toutes les cultures se valant, il fallait dès leur plus jeune âge enrichir leur horizon par la découverte d’autres cultures. Devant l’ambition de tels enjeux culturels, les familles furent plutôt favorables à cette nouvelle méthode ; en outre, l’Inspection Académique en vanta la qualité, et la presse locale se fit même élogieuse dans un article consacré à l’exposition réalisée par les enfants, d’objets et de dessins africains. Un conteur africain vint d’ailleurs clore l’évènement et subjugua l’assistance par le charme des légendes anciennes, les couleurs de son vêtement et la musique de sa voix.

Aurélie était émerveillée : plus personne, depuis la mort de son grand-père, ne lui racontait d’histoires, et tout dans le récit du personnage lui révélait les beautés du mode de vie africain, la richesse de cette culture, et l’infini bonté des personnages

Et l’intérêt de cette nouvelle méthode était double puisqu’elle permettait aux enfants d’apprendre tout en réalisant. Chaque fabrication de dessin ou d’objet donnait lieu à une explication de coutumes, à un petit cours d’histoire sur l’Afrique. Et les notes du deuxième trimestre portèrent davantage sur cet aspect culturel et historique. Ainsi, diverses questions sur les rites religieux, leur compréhension furent abordées, ce qui tombait fort à propos, puisque le Ramadan allait commencer. La maîtresse expliqua la valeur et le mérite des enfants qui réalisaient ce dur sacrifice ; ils étaient plusieurs dans la classe à s’y soumettre. Elle rappela que le conteur y avait fait allusion dans un de ses récits. Chacun des enfants fut invité à donner son opinion, et à raconter une histoire sur le Ramadan. Certes, les notes des enfants plus familiarisés avec cette culture, africains ou maghrébins, furent meilleures. Aurélie n’en fut pas choquée ; elle était habituellement en tête de classe, et n’avait, cette fois obtenu qu’une note moyenne. C’était normal, se disait-elle, eux savaient des choses qu’elle ignorait et il était donc bien naturel que les notes le traduisent. Et puis c’était d’autant plus méritoire qu’ils souffraient du jeûne qu’impose le Ramadan dans la journée. Quelques élèves, non musulmans, firent le Ramadan avec eux par solidarité, et la maîtresse les en félicita

A la fin du Ramadan, les enfants musulmans apportèrent des gâteaux et en distribuèrent à tous ; la maîtresse remercia et en organisa le partage

Au troisième trimestre, Aurélie fit sa première communion ; bien que ses parents ne soient pas vraiment pratiquants, ils y avaient tenu et elle aussi. Le lendemain, elle vint à l’école, toute fière de la petite croix en or que sa marraine lui avait offerte, et le cartable plein de petits sachets de dragées. La maîtresse lui demanda d’attendre la récréation pour en donner, car il y avait beaucoup de choses à faire ce jour-là. Avant la sortie, la maîtresse prit Aurélie un peu à part.

«Cette croix en pendentif est très jolie. mais tu sais que certains ici ont d’autres religions, et il ne faudrait pas les choquer par de tels signes ostentatoires. Je comprends très bien que tu sois contente de la montrer car on vient de te l’offrir. mais ce serait mieux de ne pas la montrer Tu es une bonne élève et je sais que tu me comprendras. Ce sera mieux, pour que tout le monde soit pareil.»

Un peu honteuse d’avoir pu, sans le vouloir, choquer d’autres personnes, et surtout de n’avoir pas réfléchi au fait qu’elle avait pu nuire à l’égalité que recommandait la maîtresse, Aurélie était un peu contrariée. Aussitôt rentrée, elle demanda à sa mère ce que voulait dire «signe ostentatoire» ; intriguée par cette question, cette dernière finit par apprendre le contenu de l’entretien et la recommandation de la maîtresse. «Ce n’est pas grave. tu la porteras sous ton pull. et toi seule saura qu’elle est là. et c’est ce qui compte», dit la mère, soucieuse d’éviter tout conflit.

Elle s’en entretint quand même avec son époux, dès qu’Aurélie fut couchée.

- «C’est quand même étrange de lui interdire une petite croix» dit la mère. «On les a enlevés des murs de l’école, cela, je le comprenais. Mais qu’on lui fasse des réflexions pour une petite croix, alors qu’elle leur a expliqué ce qu’était le Ramadan, qu’il n’y a plus que des repas musulmans, sans porc, à la cantine, là je trouve qu’elle pousse un peu.»

- «Oui, mais elle a un peu raison», dit le père. «L’école doit être laïque, et il ne faut pas que les enfants soient divisés par ces choses-là. Et puis demain d’autres pourraient bien en profiter pour venir prêcher ou exagérer par des tenues trop visibles. Il parait qu’au collège déjà, des filles viennent avec un tchador, un voile islamique disent-elles, et que ça a fait des tas d’histoires. Il y avait des imams barbus à la sortie et les télévisions qui les interviewaient.»

- «Mais là ce n’est pas pareil. une petite croix Exclamation C’est quand même dans nos traditions, non Question Nos morts sont bien enterrés avec une croix, non Question »

- «Que veux-tu, le monde change, et il faut bien faire avec.»

- «Quand même Exclamation Eux viennent nous expliquer leurs traditions, et les font même enseigner à l’école, et nous devons cacher les nôtres Question »

Aurélie cacha sa croix ; on n’en reparla plus.

A la rentrée des classes, Aurélie retrouva la même maîtresse, ses camarades et quelques nouveaux élèves arrivés récemment en France. La maîtresse les présenta et expliqua à tous qu’il allait falloir être très attentif à eux, car ils ne parlaient pas encore bien le français. L’un d’eux fut installé à côté d’Aurélie, bonne élève, qui pourrait ainsi mieux l’aider. Aurélie fit tout ce qu’elle put, au cours des semaines, pour lui recopier certaines leçons, lui expliquer certains mots.

Enfin, vint la période de Noël qu’Aurélie aimait tant. Chez elle, un petit calendrier muni de fenêtres qu’elle ouvrait selon le chiffre du jour, chaque matin en se levant, traduisait son impatience. Vers le quinze décembre, on commença à décorer le sapin Aurélie avait le privilège de placer la guirlande ancienne du grand-père, son petit frère s’occupant de placer boules et clinquants sur les branches inférieures.

Aurélie eut soudain une idée :
- «Si je prêtais la guirlande pour le sapin de l’école ?»
Sa mère sembla un peu contrariée :
- «Cette guirlande est très fragile, et j’y tiens beaucoup. tu le sais.»

- «Oui mais je voudrais tant que les autres la voient. Il faut savoir partager nous a dit la maîtresse. Tu te souviens après le Ramadan de tous les enfants qui avaient apporté des gâteaux de chez eux ? Et puis le conteur qui était venu nous expliquer des traditions de là-bas, et tous les objets que nous avions fabriqués pour connaître les coutumes de tous ces pays. Oh maman. j’y ferai très attention. Tu sais bien que je suis soigneuse.»

A contrecœur, la mère finit par céder. Après tout, le grand-père serait sans doute content de voir sa descendance si généreuse et ouverte. Le lundi avant Noël, Aurélie toute fière, présenta à la maîtresse le coffret de la précieuse guirlande.

La maîtresse fit un curieux sourire et lui demanda de s’asseoir et d’écouter.
«Les enfants, cette année. nous avons décidé de ne pas faire d’arbre de Noël. Vous savez tous que Noël est une fête religieuse et que certains enfants ne la fêtent pas. Afin qu’ils ne se sentent pas exclus, nous avons donc décidé de ne plus privilégier nos fêtes.»

Aurélie se mit à pleurer sans le moindre bruit. Tout se mit à tourner dans sa tête. Les Noëls de son arrière-grand-père en captivité que lui avait racontés sa grand-mère, les années où son père licencié avait fini par trouver un sapin, on ne sait comment, le soir même du 24 décembre, les Noëls du comité d’entreprise, le bonheur d’être ensemble et de penser à tous, vivants ou disparus. Et on lui parlait aujourd’hui de tout cela comme propre à exclure

Son chagrin était immense ; qui avait-elle exclu ? Quelle tradition avait-elle refusé d’accepter dans celles qu’on lui avait fait apprendre et même appliquer l’année dernière, en fabriquant tous les objets africains que la maîtresse avait voulus ? Avait-elle refusé d’écouter le conteur, de partager les gâteaux de fin de Ramadan, d’écrire la leçon que la maîtresse avait faite sur cette coutume ? Non, elle avait tout accepté, travaillé avec soin… et on lui refusait d’offrir ce qui était le plus précieux à ses yeux d’enfants : la guirlande de son grand-père, le sapin de Noël…

On venait de tuer une âme d’enfant, méthodiquement, scientifiquement. Pas pour le plaisir, pour l’efficacité : toute trace de tradition, d’identité devait être effacée afin de céder la place à d’autres. Certains brûlent le drapeau, d’autres suppriment les sapins de Noël, mais tous ont un point commun : la naissance d’un enfant à Bethléem, qui plaçait l’amour au-dessus de toute autre valeur, il y a deux mille ans, et la civilisation qui en fut engendrée les dérangeaient au plus haut point. Et cette haine, par méthodes, leçons, violences ou interdits est le seul cadeau qu’ils donnent aux âmes d’enfants qui n’ont que l’amour à offrir.

Pour détruire un pays, commencez par tuer les âmes d’enfants c’est beaucoup plus facile. Un sapin peut parfois y suffire.


Isaac de Barbanègre, 2002
10 ans ont passé, sans commentaire.

Bonne année à tout le monde.

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Larissah



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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Jeu 29 Déc - 8:42

tongue tongue tongue

Merci pour toutes ces histoires pour les enfants. En réalité meme si depuis longtemps je ne suis plus une enfant je ne connaissai pas toutes ces histoires .
Meme si je ne répond plus je trouve que ce que vous dites c'est ce qui a de mieux sur ce forum et au moins ça nous apprend des choses qu'on connaissai pas et rien que ça c'est le plus important.
ALORS JE VOUS DIS UN GRAND MERCI ET JE VOUS SOUHAITE UNE BONNE ANNEE 2012 AVEC VOTRE PETITE QUI A BIEN DE LA CHANCE

Larissah


queen flower queen
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SantoniA

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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Mar 3 Jan - 5:05




Pour vous Larissah, un conte très émouvant d'amour et de fidélité sur fond de blancheur immaculée, pour vous remercier de votre bienveillante gentillesse

Je vous souhaite une année 212 de douceur et de bonheur.




A regarder absolument jusqu'à la fin


https://www.youtube.com/embed/YBIwCdvhgX4?rel=0





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SantoniA

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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Lun 30 Jan - 6:09

2 12



L’hostie sauvée des eaux

Avignon 1433



Comme Avignon est bâtie à quelques centaines de mètres du confluent du Rhône et de la Durance, et traversée par une des branches de la Sorgue, elle est en fâcheuse position en cas d'inondations. C'est ainsi qu'en 1433 des pluies continuelles firent déborder le fleuve et les rivières qui inondèrent les quartiers bas de la ville. Dès le 29 novembre, l'eau entra dans la chapelle des Pénitents gris où le Saint-Sacrement était adoré régulièrement par la confrérie des Pénitents gris. Pendant la nuit, l'inondation prit de telles proportions que, le lendemain, les maîtres de la compagnie, craignant que l'eau n'atteignît le tabernacle où était exposé le Saint-Sacrement, montèrent en bateau et se firent conduire à la chapelle.


Quel ne fut pas leur étonnement lorsque, après en avoir ouvert les portes, ils constatèrent que les eaux, comme autrefois les flots de la mer Rouge et du Jourdain, s'étaient écartées à droite et à gauche, le long des murailles, laissant absolument libre et à sec le passage qui conduit à l'autel. Le prodige leur parut plus grand encore lorsque, arrivés près de l'autel qui était de plein-pied au niveau de la chapelle, ils en virent les abords pareillement à sec. Les eaux, s'élevant le long des murs, comme de vraies tentures, s'arc-boutaient dans le vide à leur plus haute élévation, formant ainsi comme une espèce de toit, dit l'ancienne relation conservée dans les archives de la confrérie.


Les deux maîtres, Armand et Jehan de Pongilhac-Faure, après avoir adoré l'Auteur de ce prodige, s'empressèrent d'en faire part à d’autres confrères. Il en vint douze, et tous ensemble, ayant requis quatre frères mineurs de l'ordre de Saint-François, dont tous étaient docteurs en théologie et le quatrième, bachelier, ils dressèrent un procès-verbal de l'événement.

L’eau s'arrêtant au milieu du banc qui longeait les parois de la chapelle, de manière à en laisser une partie toute mouillée et l'autre entièrement sèche, «nous carasmes avec des cousteaux, dit le procès-verbal, icelle moitié dudit banc, et la trouvasmes naturellement sèche ainsi dedans comme au dehors.»

Pour éterniser la mémoire de ce miracle, la dévote compagnie décida qu'à l'avenir, on célébrerait chaque année une fête particulière à pareil jour. C'est la fête qu'on célébra très longtemps avec solennité le 30 novembre, jour de la Saint-André.

Le matin, tous les membres de la confrérie se rendaient à la communion en se traînant sur les genoux, et parcouraient ainsi jusqu'à la table sainte la voie sacrée miraculeusement préservée par des eaux. Le soir, à l'issue des vêpres, le prédicateur rappelait le miracle de 1433, et le chant du Cantemus Domino, qui fut entonné par Moïse après le passage de la mer Rouge, précédait l'amende honorable et la bénédiction du Saint-Sacrement.








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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Lun 18 Juin - 6:03

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La Vie est un Cadeau

Une fille aveugle se détestait à cause de son handicap. Elle haïssait tout le monde sauf un garçon qui était son ami. Il était toujours là pour elle.

Un jour, elle lui dit :
"Si seulement je pouvais voir le monde, je me marierais avec toi".

Un jour, un donneur anonyme lui fait don de ses yeux. Quand les bandages lui sont enlevés, elle peut enfin tout voir, et ainsi elle découvre son ami.

Il lui dit :
"Maintenant que tu peux voir le monde, veux-tu m'épouser ?"

La fille le regarde et constate qu'il est aveugle. La vue de ses paupières fermées la bouleverse. Elle ne s'attendait pas à cela. La pensée de le voir ainsi pour le reste de sa vie la décontenance, et elle refuse de l'épouser.

Son ami reçoit un coup en plein coeur, les larmes coulent sur ses joues et il part désemparé et très malheureux.

Quelques jours plus tard, il lui fit parvenir une note qui disait :

"Prends bien soin de tes yeux, ma chérie, car avant qu'ils deviennent les tiens, ils étaient miens".



PAULINE



"Vous donnez bien peu lorsque vous donnez vos biens.
C'est lorsque vous donnez de vous-mêmes que vous donnez réellement."
Khalil Gibran
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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   Mer 28 Nov - 5:17

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C' EST QUOI L' AMOUR

Une petite fille demande à son camarade de classe qui est assis à côté d'elle :

- C'est quoi l'amour ?

Il lui dit :

- L'amour c'est quand tu me voles mon petit pain au chocolat chaque jour dans mon cartable et que moi, tous les jours, j'en mets un exprès pour toi....



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MessageSujet: Re: UNIVERS... CONTES... REVE... ALMEE...   

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